Alors que les drones ukrainiens et russes intensifient leurs frappes sur la mer Noire, des armateurs ont commencé à équiper leurs navires de filets, de pneus ou de cages de protection pour limiter les dommages. Ces mesures, appliquées notamment dans le détroit du Bosphore, visent à préserver le trafic commercial dans un théâtre de guerre élargi.
Escalade des attaques de drones en mer Noire
Depuis l’été 2024, les drones ciblent d’abord les ports et les navires militaires, puis élargissent leur champ d’action aux cargos et aux pétroliers, sans distinction de pavillon. Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a dénoncé le 8 août que des navires turcs ou battant pavillon turc étaient également touchés, et a demandé un moratoire à la Russie et à l’Ukraine. La Turquie, pays frontalier du détroit, a même convoqué l’ambassadeur ukrainien à Ankara après de nouveaux incidents.
Solutions improvisées : filets, pneus et cages de protection
Pour réduire les conséquences d’une éventuelle frappe, plusieurs navires ont installé des dispositifs rudimentaires. Le cargo sierra‑léonais Caruzo a traversé le Bosphore mi‑août avec des réservoirs d’eau suspendus autour de sa salle des machines. Le pétrolier russe Khrizopraz a, à la fin du même mois, été vu avec des pneus enroulés sur sa coque. D’autres embarcations ont monté des cages de protection, une technologie déjà utilisée sur des chars en Ukraine depuis plusieurs mois.
Efficacité et limites des dispositifs
Selon Corey Ranslem, directeur général de Dryad Global, ces outils peuvent ralentir ou dévier les petits drones, mais ils sont peu susceptibles d’arrêter des drones militaires de plus grande taille. L’expérience montre que les filets et les cages ne constituent pas une barrière infaillible contre les systèmes d’attaque sophistiqués, ce qui laisse les navires exposés à des dommages sérieux, comme le cargo russe Omskiy‑107 gravement touché en septembre.
Conséquences économiques et commerciales
Les frappes de drones ont également affecté les exportations de pétrole brut par voie maritime. Au cours de la première quinzaine d’août, les volumes exportés ont été 15 % inférieurs aux prévisions, selon les autorités russes, en raison d’attaques contre des raffineries, des sites de stockage et le port de Novorossïisk. La réduction du trafic maritime accentue les pressions sur les chaînes d’approvisionnement et sur les prix du carburant dans la région.