Naval Group dévoile le SCX 26, un destroyer de 8 000 tonnes maître des drones aériens, de surface et sous-marins

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 6 lectures
Naval Group dévoile le SCX 26, un destroyer de 8 000 tonnes maître des drones aériens, de surface et sous-marins

Naval Group a présenté au salon Euronaval le SCX 26, un destroyer de 8 000 tonnes conçu comme un hub de commandement pour des flottes de drones aériens, de surface et sous-marins. Le concept vise à redéfinir la composition des forces navales d’ici 2030, en misant sur l’interopérabilité entre navires habités et systèmes autonomes.

Un navire hybride au poids imposant

Le SCX 26, nommé « Surface Combattant Experimental 2026 », pèse près de deux fois plus qu’une frégate FDI et dépasse de 30 % le déplacement des FREMM. Bien que classé destroyer, Naval Group préfère ne pas employer ce terme, le présentant comme une plateforme de contrôle capable d’intégrer des systèmes d’armes lourds tout en restant le centre d’une architecture de combat mixte. Sa taille permet d’accueillir des baies de lancement, des ateliers de maintenance et même des lignes de production de drones à bord.

Une flotte de drones diversifiée

Le concept prévoit trois catégories de drones : le VSR 700, un drone‑hélicoptère destiné aux missions de surveillance et de frappe aérienne, déployé depuis le pont arrière ; le Seaquest, drone de surface capable de missions de reconnaissance et de lutte anti‑sous‑marines, lancé depuis des baies latérales ; et le Seagent, drone sous‑marin qui peut être introduit dans l’eau via des compartiments dédiés. Selon Aymeric Moullart, directeur marketing opérationnel pour les drones chez Naval Group, le SCX 26 pourra non seulement stocker et déployer ces engins, mais aussi les réparer et les fabriquer en cours de mission.

Enjeux pour l’industrie navale française

En affichant un tel niveau d’intégration technologique, Naval Group cherche à renforcer la compétitivité de la filière défense française face aux programmes américains comme le destroyer Zumwalt, plus lourd mais moins orienté vers les drones. Le SCX 26 pourrait servir de vitrine pour de futurs contrats de construction, tant auprès de la Marine nationale que d’exportations vers des alliés désireux de moderniser leurs flottes avec des capacités autonomes. Le projet s’inscrit également dans la stratégie nationale de souveraineté technologique, en réduisant la dépendance aux systèmes étrangers.

Défis techniques et logistiques

Faire cohabiter armement lourd, réseaux de communication ultra‑connectés et ateliers de fabrication de drones représente un défi d’ingénierie majeur. La gestion du poids, la dissipation thermique des lasers ou canons électromagnétiques envisagés, ainsi que la cybersécurité des liaisons entre le navire et les drones, sont autant de points critiques à valider avant tout déploiement opérationnel. Naval Group devra également prouver la viabilité économique d’un tel concept, notamment en termes de coûts d’entretien et de formation des équipages.

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