Un drame survenu dans l’État de Sokoto, au nord-ouest du Nigeria, a coûté la vie à au moins 50 personnes, dont une majorité d’enfants, lors du chavirage d’une embarcation surchargée. Le bilan provisoire, encore susceptible d’évoluer, met en lumière les lacunes persistantes en matière de sécurité sur les voies navigables du pays.
Une traversée mortelle vers les rizières
Jeudi 20 août, une embarcation transportant des habitants vers une zone agricole de Gorau a chaviré dans la localité de Goronyo, dans l’État de Sokoto. À bord se trouvaient des propriétaires de champs et des ouvriers agricoles, recrutés pour la récolte du riz. Les témoignages sur le nombre exact de passagers varient entre 57 et plus de 70 personnes, reflétant l’imprécision des données dans un contexte où les traversées fluviales sont souvent improvisées.
Les causes du naufrage restent à éclaircir, mais la surcharge du bateau est pointée du doigt. Dans cette région rurale, les cours d’eau deviennent des axes de transport incontournables pendant la saison des pluies, malgré l’absence de mesures de sécurité adéquates.
40 enfants parmi les victimes
Les secours ont récupéré les corps d’environ 40 enfants, principalement âgés de 10 à 15 ans, selon un élu local. Seize survivants ont été secourus, tandis qu’un témoin évoque 53 corps retrouvés. Plusieurs dépouilles ont été provisoirement déposées dans une mosquée de Gorau avant leur inhumation. Les autorités locales, en coordination avec les services de gestion des urgences, poursuivent les recherches pour établir un bilan définitif, tout en accompagnant les familles endeuillées.
Des accidents récurrents, des solutions toujours attendues
Ce drame s’ajoute à une longue série d’accidents similaires au Nigeria. En juillet, neuf personnes avaient péri dans le naufrage d’une pirogue à Jigawa, tandis qu’en 2022, 18 personnes célébrant l’Aïd avaient trouvé la mort dans des circonstances comparables. Ces événements répétés soulignent les mêmes causes : surcharge des embarcations, absence de gilets de sauvetage, entretien défaillant des bateaux et application laxiste des réglementations.
Les autorités nigérianes sont régulièrement interpellées pour renforcer le contrôle des passagers et moderniser les équipements de sécurité sur les voies navigables. Pourtant, malgré les appels répétés, les mesures concrètes peinent à se concrétiser, laissant les populations riveraines exposées à des risques évitables.