Au procès du naufrage de la Manche en 2021, les prévenus rejettent les accusations de trafic d'êtres humains et affirment n'avoir joué qu'un rôle mineur dans cette tragédie.
Les prévenus nient toute implication dans le trafic d'êtres humains
Jeudi 10 septembre, le tribunal correctionnel de Paris a entendu les premiers prévenus dans le procès du naufrage meurtrier de migrants dans la Manche, survenu en 2021. Les deux hommes, un Pakistanais et un Kurde irakien, ont nié être des passeurs et ont rejeté toute responsabilité dans la mort de plus de trente personnes.
Ils encourent jusqu'à 10 ans d'emprisonnement pour homicides involontaires et aide au séjour irrégulier en bande organisée.
Le rôle de chauffeur mis en avant
Farman A., le premier prévenu entendu, a insisté sur son rôle de chauffeur de VTC, affirmant ne pas être un passeur. Il a expliqué avoir connu Obaïd, le principal prévenu en fuite, mais s'en être éloigné après le naufrage.
La présidente du tribunal a souligné les nombreux éléments à charge, tels que les allers-retours entre la région parisienne et les campements de migrants, les communications avec Obaïd et le bornage de son téléphone près des plages d'embarcation.
Le parcours d'émigration et la recherche d'une vie meilleure
Farman A. a évoqué son lourd parcours d'émigration, payé par son père à un passeur, et son installation en France où il a obtenu le statut de réfugié. Il a également mentionné ses revenus confortables en tant que gérant d'une société de bâtiment.
Hossein F., le second prévenu, a quant à lui affirmé être un simple migrant souhaitant rejoindre l'Angleterre. Il a reconnu avoir rendu des services à un passeur kurde iranien, mais nie toute implication dans le trafic d'êtres humains.
L'absence des familles des victimes
Les familles des victimes, venues du Kurdistan irakien, ont assisté à l'ouverture du procès, témoignant de leur souffrance. Cependant, elles sont reparties jeudi matin, ne souhaitant pas entendre les explications des prévenus.