Un nouveau drame migratoire s'est produit ce lundi 14 septembre au large de l'île grecque de Gavdos, au sud de la Crète. Si 51 personnes ont pu être secourues par des navires marchands, les autorités grecques mènent actuellement une opération de recherche pour localiser 25 disparus, après le naufrage d'une embarcation transportant 77 passagers.
Une opération de secours d'envergure en mer Égée
L'alerte a été donnée après le repérage, dimanche, d'une embarcation partiellement submergée à environ 70 kilomètres au sud de Gavdos. Le dispositif de sauvetage coordonné par les garde-côtes grecs mobilise actuellement quatre navires présents sur zone, ainsi que des moyens aériens, incluant un drone de l'agence européenne Frontex et un avion de l'armée de l'air. Les 51 rescapés ont été pris en charge grâce à l'intervention rapide d'un cargo et d'un pétrolier qui naviguaient à proximité du lieu du naufrage.
La Crète, nouvelle zone de pression migratoire
Historiquement moins exposée que les îles de la mer Égée, la Crète et sa voisine Gavdos sont devenues, ces derniers mois, une porte d'entrée majeure pour les migrants en provenance des côtes libyennes. Cette situation met sous tension les capacités d'accueil locales, l'île ne disposant actuellement que d'une structure provisoire. Face à cet afflux, le ministère grec des Migrations et de l'Asile a annoncé son intention de créer prochainement un centre d'accueil permanent pour mieux gérer les arrivées sur cette portion du territoire.
Évolution des flux et stratégie européenne
Ce naufrage survient dans un contexte de recul global des arrivées de migrants en Grèce. Selon les données officielles, le nombre de demandeurs d'asile a diminué d'environ un tiers sur les douze derniers mois, passant de 61 112 à 41 998 personnes. Le ministre grec des Migrations, Thanos Plevris, attribue cette baisse à une politique migratoire stricte et revendique une diminution de 35 % des arrivées sur les sept premiers mois de 2026.
Parallèlement, Athènes intensifie ses efforts diplomatiques au sein de l'Union européenne. Le gouvernement grec collabore activement avec l'Allemagne, l'Autriche, le Danemark et les Pays-Bas pour promouvoir la création de centres de retour situés hors des frontières de l'UE. L'objectif affiché par ces États est de faciliter le renvoi des demandeurs d'asile dont la requête a été rejetée, une mesure qui reste au cœur des débats sur la gestion des frontières européennes.