La Haute Cour fédérale d'Abuja a reporté au 27 octobre l'examen de la plainte déposée par l'ancien gouverneur de l'État de Kaduna, Nasir El-Rufai, contre plusieurs institutions étatiques. L'ancien responsable politique conteste la légalité d'une perquisition menée à son domicile en février dernier et réclame un milliard de nairas en guise de dommages et intérêts pour atteinte à ses droits fondamentaux.
Un contentieux sur la légalité d'une perquisition
L'affaire, portée devant la justice par Nasir El-Rufai, vise la Commission indépendante des pratiques de corruption (ICPC), l'Inspecteur général de la police et le Procureur général de la Fédération. L'ancien gouverneur soutient que l'opération menée le 19 février à son domicile d'Abuja constitue une violation grave de sa vie privée, de sa liberté personnelle et de son droit à une procédure équitable, tels que garantis par la Constitution nigériane. Il demande à la cour de déclarer irrecevables les éléments saisis lors de cette intervention et exige leur restitution immédiate.
La défense des institutions face aux accusations
De leur côté, l'ICPC et les services de police rejettent fermement ces allégations. La commission anti-corruption affirme avoir agi sur la base d'une plainte reçue et munie d'un mandat de perquisition valide, délivré par une autorité judiciaire compétente. Les autorités précisent que l'opération s'est déroulée en présence de membres de la famille de l'ancien gouverneur, dont son épouse et son fils. La police soutient, quant à elle, que cette action s'inscrit dans le cadre de ses prérogatives légales d'enquête et de poursuite des infractions, qualifiant la démarche judiciaire de M. El-Rufai de tentative visant à entraver le cours d'une investigation en cours.
Le calendrier judiciaire fixé
Lors de l'audience de lundi, la juge Joyce Abdulmalik a accédé à la demande du Procureur général de la Fédération visant à régulariser le dépôt de son contre-affidavit. Ce délai supplémentaire accordé aux parties permettra à la défense de Nasir El-Rufai d'examiner les arguments de l'État avant la reprise des débats. Le tribunal a fixé la date du 27 octobre pour une audience définitive, étape cruciale qui déterminera si les preuves saisies seront admises ou si les arguments de l'ancien gouverneur sur la violation de ses droits seront retenus par la cour.