L'ancien gouverneur de l'État de Kaduna, Nasir El-Rufai, a officiellement sommé le ministre de la Défense, le général à la retraite Christopher Musa, de lui verser 10 milliards de nairas en guise de réparation. Cette demande fait suite à des déclarations tenues par le ministre lors d'une émission télévisée le 3 septembre 2026, où il a mis en cause la gestion sécuritaire et les méthodes de gouvernance de l'ancien responsable politique.
Les griefs au cœur du litige
Dans une lettre adressée au ministère de la Défense le 7 septembre 2026, les avocats de Nasir El-Rufai contestent fermement les propos tenus par le général Musa sur la chaîne Channels Television. Le ministre avait notamment accusé l'ancien gouverneur d'avoir « délibérément planifié le meurtre » de populations, d'avoir soudoyé des bandits et d'avoir utilisé des démolitions ciblées comme outil de répression contre ses opposants. La défense d'El-Rufai qualifie ces allégations de diffamatoires, affirmant qu'elles présentent leur client comme un individu aux intentions criminelles, sans qu'aucune preuve n'ait été établie par une instance judiciaire compétente.
Exigences de réparation et droit de réponse
Outre la compensation financière de 10 milliards de nairas, Nasir El-Rufai exige des excuses publiques « inconditionnelles et sans ambiguïté » sur le même plateau télévisé. Ses conseils réclament également la publication de ces excuses dans deux journaux nationaux, couvrant respectivement le nord et le sud du Nigeria. Le cabinet juridique a fixé un ultimatum de sept jours au ministre pour se conformer à ces demandes, sous peine d'engager des poursuites judiciaires visant à obtenir des dommages-intérêts et des injonctions contre la poursuite de la diffusion de ces accusations.
Appels à l'apaisement dans l'État de Kaduna
Face à la montée des tensions suscitées par cet affrontement verbal, des leaders religieux de l'État de Kaduna, issus du Jama’atu Nasril Islam (JNI) et de l'Association chrétienne du Nigeria (CAN), ont appelé à la retenue. Lors d'une réunion à Kafanchan, l'imam Muhammed Kabir Kasim a exhorté les citoyens à ne pas instrumentaliser cette controverse pour attiser les clivages religieux ou régionaux. Tout en reconnaissant le statut du ministre de la Défense, les autorités religieuses locales insistent sur la nécessité de privilégier le dialogue pour préserver la cohésion sociale dans une région marquée par des défis sécuritaires persistants.