La styliste béninoise Nadia Adanlé a dévoilé sa 19e collection, baptisée « Apusomɛ », lors d'un défilé organisé à Ouidah. Cette série de 16 motifs inédits en indigo fusionne l'esthétique des fonds marins avec un travail de mémoire historique lié à la ville côtière.
Une esthétique inspirée de la biodiversité marine
La collection « Apusomɛ » puise son inspiration dans la faune et les paysages sous-marins. À travers des pièces nommées Corail Intégral, Scallop ou encore Nussianu, Nadia Adanlé décline des motifs représentant des méduses, des tortues, des poulpes et des poissons. Ce travail, réalisé par des artisans locaux, vise à élever l'indigo béninois au rang de textile de prestige tout en diversifiant les formes et les usages proposés au public.
Le textile comme vecteur de mémoire historique
Au-delà de l'aspect esthétique, la démarche de la créatrice s'ancre dans l'histoire de Ouidah, ville marquée par la traite négrière. Le motif Filimi, qui signifie « Souviens-toi de moi », illustre cette volonté de rendre hommage aux disparus de l'Atlantique. En reliant l'imaginaire marin à la mémoire collective, la collection transforme le vêtement en un support de transmission culturelle et historique.
Un écosystème entre artisanat et tourisme culturel
La présentation a eu lieu à Indigo Village, un site qui centralise l'ensemble de la chaîne de valeur de la marque Couleur Indigo. De la culture des plantes tinctoriales à la confection finale, en passant par le recyclage des déchets textiles, le lieu fonctionne comme un pôle de savoir-faire. Ce centre, qui accueille également des activités de tourisme culturel, se prépare à recevoir en novembre la cinquième édition du Symposium sur l’indigo africain, un événement dédié aux pratiques artistiques hybrides.
Une trajectoire entrepreneuriale engagée
Fondée en 2007 à Cotonou, la marque Couleur Indigo s'est progressivement structurée sous l'impulsion de Nadia Adanlé, ingénieure de formation. Après une phase de développement au Burkina Faso dès 2011, l'entreprise a consolidé ses activités à Ouidah. Cette approche intégrée, qui mêle exigence technique et valorisation des traditions artisanales, positionne la créatrice comme une figure centrale de la mode durable et patrimoniale en Afrique de l'Ouest.