Lors d'un déplacement à Tagleft, dans la province d'Azilal, le secrétaire général du Parti du Progrès et du Socialisme (PPS), Mohamed Nabil Benabdallah, a vivement critiqué les déséquilibres territoriaux qui frappent les zones montagneuses. Il a appelé à une refonte des politiques publiques pour répondre aux besoins urgents des populations en matière d'infrastructures et de services de base.
Un constat d'échec des politiques publiques
Pour le dirigeant du parti du « Livre », le bilan du gouvernement actuel sur les cinq dernières années est insuffisant. Il estime que les investissements annoncés à grande échelle ne se traduisent pas par une amélioration concrète du quotidien des citoyens. M. Benabdallah a pointé du doigt la persistance de la précarité dans les zones rurales, marquée par la cherté de la vie, la hausse des prix des carburants et un taux de chômage préoccupant, autant de facteurs qui accentuent le sentiment de marginalisation des habitants.
L'urgence du désenclavement et des services essentiels
Le secrétaire général du PPS a qualifié d'inacceptable le fait qu'en 2026, l'accès à l'eau, à l'électricité, aux routes et à Internet reste un défi majeur dans de nombreuses localités montagneuses. Au-delà des infrastructures routières, il a insisté sur la nécessité de garantir une éducation de qualité, un transport scolaire fonctionnel et un accès effectif aux soins de santé. Selon lui, la dignité des citoyens dépend directement de la capacité de l'État à fournir ces services fondamentaux, souvent absents ou défaillants dans les régions enclavées.
Mobilisation électorale et enjeux de représentativité
Dans le cadre de la campagne pour la circonscription de Bzou-Waouizeght, M. Benabdallah a soutenu la candidature de Boubker Ikken, présenté comme un acteur local capable de porter ces revendications au sein de l'institution législative. Bien qu'il reconnaisse la méfiance et la colère d'une partie de la jeunesse vis-à-vis du processus électoral, il a mis en garde contre les risques de l'abstention. Pour le leader du PPS, le désintérêt des urnes ne ferait que pérenniser le maintien des mêmes figures politiques au pouvoir, entravant ainsi toute possibilité de changement réel pour les zones montagneuses.
La question de l'amazighité et l'ancrage territorial
Abordant le dossier de l'amazighité, M. Benabdallah a réitéré l'engagement historique de son parti en faveur de cette composante culturelle, tout en regrettant les lacunes du système éducatif actuel sur ce point. Il a conclu son intervention en soulignant que l'action du PPS ne se limite pas aux échéances électorales, rappelant l'engagement de ses militants sur le terrain, notamment dans des zones isolées comme Aït Bougmez, pour défendre les causes qu'il juge fondamentales pour le développement du pays.