Après une décennie dédiée au gospel, l’artiste ghanéen Muzic Mensah a opéré un virage radical vers l’Highlife et l’Afrobeats, illustrant les limites du secteur religieux et l’émergence d’une nouvelle voie créative.
Un départ contraint par les réalités du gospel local
Lawrence Mensah, connu professionnellement sous le nom de Muzic Mensah, a débuté sa carrière en 2004 dans le gospel, un genre qu’il a exploré pendant dix ans à travers des enregistrements et des performances centrées sur des thèmes chrétiens et de louange. Son départ du secteur en 2014 s’explique par des défis structurels majeurs : manque de soutien financier et promotionnel pour les musiciens évoluant dans les cercles musicaux des églises locales. Ces contraintes, évoquées par l’artiste dans des entretiens, ont rendu difficile la pérennité de sa carrière dans ce domaine.
Une renaissance musicale sous le nom de Muzic Mensah
Après plusieurs années d’absence, Mensah fait son retour en 2021 sous un nouveau pseudonyme, Muzic Mensah, et se tourne vers l’Highlife contemporain et l’Afrobeats. Ses collaborations avec le label Triple M Records ont donné naissance à des titres comme « Obi Besú » (2023), « Lady in Red » (2024) et « All Correct » (2026). Ses compositions fusionnent les arrangements traditionnels ghanéens, notamment les mélodies à la guitare caractéristiques de l’Highlife, avec des productions modernes Afro pop. Cette transition lui permet d’explorer des thèmes plus variés, comme la résilience, la confiance en soi, les relations et la croissance personnelle, tout en conservant des racines musicales profondes.
Une carrière désormais ancrée entre Ghana et diaspora
Installé entre le Ghana et les États-Unis, Muzic Mensah construit progressivement son identité d’artiste Highlife tout en développant un catalogue destiné à la fois aux publics locaux et à la diaspora. Son parcours illustre comment un musicien peut évoluer à travers les genres et les audiences, en s’appuyant sur les expériences accumulées au fil de son parcours artistique. De la scène gospel des années 2000 à l’Highlife et l’Afrobeats contemporains, sa trajectoire reflète une quête constante de réinvention et d’expression créative, offrant un modèle de résilience pour les artistes africains.