Un officier nigérien accuse des militaires tchadiens d’avoir soutenu une mutinerie survenue fin août à Niamey, une allégation qui pourrait aggraver les tensions régionales et fragiliser davantage la stabilité du pays.
Des responsables désignés et des allégations d’ingérence étrangère
Dans une allocution télévisée diffusée mardi soir sur la RTN, le capitaine Roger Gabriel, du 1er Bataillon parachutiste de Niamey (BAT Para), a révélé les détails d’une mutinerie survenue entre le 28 et le 29 août au sein du Bataillon de soutien rapide (BSR COS). Selon lui, plusieurs officiers, dont certains proches de l’ancien président Mohamed Bazoum, auraient orchestré cette fronde. Mais l’accusation la plus grave concerne l’implication présumée de militaires tchadiens.
Le capitaine Gabriel a affirmé avoir reçu un appel d’un camarade tchadien l’informant d’une « intervention en cours » depuis le Tchad, pilotée par les autorités locales et des forces spéciales étrangères, en soutien aux mutins de la base 101. Ces déclarations, bien que précises, restent à ce stade sans preuve tangible et n’ont fait l’objet d’aucune confirmation officielle.
Des accusations qui pourraient relancer les tensions au Sahel
Si ces allégations se révélaient fondées, elles pourraient avoir des répercussions majeures sur les relations entre le Niger et ses voisins, notamment le Tchad, déjà engagé dans des opérations antiterroristes conjointes. Une ingérence étrangère dans les affaires militaires nigériennes risquerait d’aggraver l’instabilité politique du pays, déjà marqué par deux coups d’État en moins de deux ans.
Les autorités tchadiennes n’ont pour l’instant réagi ni aux accusations, ni aux allégations d’implication de leurs forces spéciales. Cette absence de réponse officielle laisse planer un doute sur la crédibilité des propos tenus par le capitaine Gabriel, tout en alimentant les spéculations sur une possible escalade des tensions régionales.
Un contexte sécuritaire déjà fragile
La mutinerie du BSR COS survient dans un contexte où le Niger, sous régime militaire depuis juillet 2023, tente de stabiliser un pays en proie à des groupes armés et à une crise politique persistante. Les accusations d’ingérence étrangère pourraient servir de prétexte à une radicalisation des positions au sein de la junte nigérienne, déjà en conflit ouvert avec la CEDEAO et les partenaires internationaux.
À ce stade, l’enquête militaire interne se poursuit, mais l’absence de preuves indépendantes rend difficile toute évaluation sérieuse de la situation. Une chose est certaine : ces révélations, si elles sont confirmées, pourraient redessiner les équilibres géopolitiques au Sahel et fragiliser davantage la sécurité collective de la région.