Le Maroc s’impose comme un acteur clé dans la stratégie d’exploration de Murphy Oil, intégrant désormais son portefeuille offshore aux côtés de trois autres zones stratégiques. Le géant américain mise sur un vaste domaine de près de 17 000 km² pour évaluer son potentiel pétrolier, dans un contexte où les engagements de forage restent conditionnels à l’analyse des données.
Un portefeuille offshore ambitieux et ciblé
Murphy Oil a officiellement inclus le Maroc parmi ses quatre principaux pôles d’exploration internationaux, aux côtés du golfe d’Amérique, de la Côte d’Ivoire et du Vietnam. Cette décision intervient moins de sept mois après la signature d’un accord pétrolier avec l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM), marquant une étape concrète dans la diversification géographique du groupe.
Le domaine offshore marocain attribué à Murphy s’étend sur 16 989,9 km², répartis en dix permis distincts le long de la façade atlantique nord-ouest. Le groupe américain détient une participation majoritaire de 75 %, tandis que l’ONHYM conserve 25 %. Cette superficie, équivalente à plus de 700 blocs du golfe d’Amérique, souligne l’ampleur des perspectives d’exploration envisagées.
Contrairement à d’autres projets, la première phase d’exploration au Maroc ne comporte aucun engagement ferme de forage. Murphy se concentre actuellement sur l’analyse des données sismiques et géologiques existantes, avec pour objectif d’identifier des cibles à fort potentiel avant d’envisager une campagne de forage. Une structure géologique prometteuse, jamais forée, a déjà été repérée, mais son exploitation dépendra des résultats des travaux d’interprétation.
Une stratégie financière solide pour un projet à long terme
Le groupe dispose des moyens financiers nécessaires pour mener à bien cette exploration. Au deuxième trimestre 2026, Murphy a investi 119 millions de dollars dans l’exploration, portant ses dépenses d’investissement totales à 476 millions de dollars sur la période. Ses liquidités s’élèvent à environ 2,5 milliards de dollars, dont 484 millions en trésorerie, tandis que sa dette nette reste maîtrisée à 1,067 milliard de dollars.
La production de Murphy au cours du trimestre s’est établie à 169 000 barils équivalent pétrole par jour, avec une répartition équilibrée entre pétrole, liquides de gaz naturel et gaz naturel. Cette performance financière permet au groupe de maintenir une approche prudente mais ambitieuse, privilégiant l’analyse approfondie des données avant tout engagement opérationnel.
Si les résultats des études géologiques sont concluants, un premier forage pourrait être envisagé à partir de 2028, sous réserve des décisions internes et des conditions du marché. Cette échéance reste indicative, reflétant la volonté de Murphy de concentrer ses ressources sur des zones à fort potentiel, plutôt que de disperser ses investissements.