Le géant sud-africain MTN Group envisage d’obtenir des licences bancaires dans plusieurs pays africains pour financer directement ses activités de prêt, marquant une nouvelle étape dans sa stratégie de diversification vers les services financiers.
Une diversification stratégique vers le crédit
MTN, leader des télécoms en Afrique, accélère son expansion dans les services financiers via sa plateforme de *mobile money*, avec le prêt comme segment le plus dynamique. Actuellement, l’opérateur propose des microcrédits en partenariat avec des banques, mais souhaite désormais prêter directement depuis son propre bilan. Cette transition, encore progressive, vise à capitaliser sur les importantes réserves de liquidités accumulées par ses utilisateurs en Afrique.
Une approche sélective et progressive
Le PDG Ralph Mupita a précisé que cette stratégie serait déployée de manière ciblée, pays par pays, en fonction de la taille des bases clients et des volumes de transactions. « Le prêt est le futur de notre croissance », a-t-il déclaré, tout en soulignant les risques inhérents à cette activité. MTN conservera également des partenariats bancaires pour compléter son offre, mais l’objectif reste de renforcer son autonomie financière dans ce secteur.
Des data centers AI pour soutenir l’écosystème digital
Parallèlement, MTN investit dans les infrastructures digitales avec la création de data centers AI en Afrique du Sud et au Nigeria. Ces centres, développés via *Africa Data Hub Holding* en collaboration avec un investisseur émirati, visent à répondre à la demande croissante en stockage et traitement de données sur le continent. MTN y participera en tant que minoritaire, tandis que son partenaire apportera l’essentiel du capital et de l’expertise technique.
Un marché en pleine mutation
Cette double stratégie illustre la volonté de MTN de devenir un acteur clé de l’économie numérique africaine, au-delà de son cœur de métier historique. En combinant services financiers et infrastructures digitales, l’entreprise se positionne pour capter une part croissante des revenus liés à la digitalisation du continent, tout en réduisant sa dépendance aux revenus traditionnels des télécoms.