Dans le cadre de son 30e anniversaire, MTN Ghana a organisé un webinaire dédié à la littératie financière pour accompagner les petites et moyennes entreprises (PME) vers une meilleure gestion. Des experts du secteur bancaire et de l'investissement ont souligné que la pérennité des entreprises dépend moins de l'accès au capital que de la discipline dans la gestion des flux de trésorerie et de la distinction entre revenus et profits.
La séparation des finances comme levier de visibilité
Yaw Saifah, responsable chez MobileMoney Fintech Limited, a insisté sur une règle fondamentale : la séparation stricte des fonds personnels et professionnels. Selon lui, le mélange des comptes empêche les entrepreneurs d'évaluer précisément leur rentabilité et leur besoin en fonds de roulement. Il préconise l'adoption d'outils numériques et de systèmes de planification des ressources d'entreprise (ERP) pour assurer un suivi rigoureux des ventes, des stocks et des factures, permettant ainsi une gestion efficace, même pour les structures multi-sites.
Distinguer le chiffre d'affaires de la rentabilité réelle
Paul Mante, directeur général d'EDC Investments, a mis en garde contre le piège de la croissance rapide non maîtrisée. Il rappelle que le chiffre d'affaires ne garantit pas la survie d'une entreprise si les coûts ne sont pas corrélés à une marge bénéficiaire réelle. « Le revenu fait du bruit, le profit crée la richesse, et la trésorerie maintient l'entreprise en vie », a-t-il affirmé, conseillant aux entrepreneurs de ne pas confondre volume de ventes et santé financière, et d'éviter les dépenses prématurées avant d'avoir consolidé leurs profits.
L'investissement comme moteur de croissance à long terme
Desmond Bredu, de Stanbic Investment Management Services, a encouragé les entrepreneurs à ne pas laisser leur capital dormir, soulignant que l'inflation érode le pouvoir d'achat des liquidités inactives. Il a rappelé qu'il est possible de commencer à investir avec des montants modestes, dès 50 GH¢, pour bâtir progressivement un patrimoine. L'enjeu pour les PME est de réinvestir une partie de leurs gains plutôt que de céder à l'inflation du mode de vie, une stratégie indispensable pour passer à l'échelle supérieure. La création de richesse est présentée ici comme un processus de longue haleine, exigeant une frugalité constante et une discipline rigoureuse dans la gestion des dépenses.