Figure historique de l'arène de Fass, Moustapha Guèye s'est imposé comme un acteur clé de la structuration de la lutte sénégalaise après une carrière riche en distinctions nationales et internationales. Aujourd'hui président de la Ligue régionale de Dakar, il milite pour une préservation des fondamentaux traditionnels face à la montée en puissance des enjeux financiers dans la discipline.
Un plaidoyer pour la transmission et les mbapatt
Pour Moustapha Guèye, l'évolution de la lutte ne doit pas occulter son essence culturelle. L'ancien champion plaide activement pour une réhabilitation des mbapatt, ces séances de lutte traditionnelle qui ont forgé son propre parcours. Selon lui, ces espaces constituent une école de formation indispensable pour les jeunes athlètes, servant de socle avant d'aborder la lutte avec frappe. Cette vision souligne une volonté de maintenir un lien fort avec les racines lébous et les traditions locales, considérées comme le passage obligé pour tout prétendant au titre de champion.
Un parcours d'excellence entre arène et tapis
La trajectoire de Moustapha Guèye témoigne d'une polyvalence rare. Avant de devenir une icône de la lutte avec frappe, où il a cumulé 43 combats officiels jusqu'en 2009, il s'est illustré sur la scène internationale en lutte gréco-romaine. Son palmarès inclut une participation aux Jeux olympiques de Séoul en 1988, une médaille d'argent aux Championnats d'Afrique de Tunis la même année, ainsi qu'une médaille de bronze aux Jeux africains du Caire en 1991. Cette expérience du haut niveau mondial nourrit aujourd'hui son regard exigeant sur la gestion et l'encadrement de la discipline au Sénégal.
Une influence au-delà du cercle sportif
L'impact de Moustapha Guèye dépasse le cadre strictement compétitif. Son rôle dans la promotion de la lutte est reconnu au plus haut sommet de l'État, le président Bassirou Diomaye Faye ayant récemment souligné son importance dans la culture populaire sénégalaise. En se consacrant désormais à la défense des valeurs de la lutte, l'ancien lutteur cherche à équilibrer les impératifs économiques du secteur avec la nécessité de transmettre un héritage sportif et traditionnel aux nouvelles générations. Son engagement actuel vise à garantir que la lutte demeure, avant tout, un pilier de l'identité culturelle nationale.