Avec un an d’avance sur le scrutin de 2027, la mairie de Kaolack devient le théâtre d’une bataille politique où l’alternative à la gestion sortante s’incarne dans la candidature de Moussa Fall. Ce dernier, président de l’Aprodel, mise sur un discours offensif contre le bilan municipal actuel et un programme en sept axes pour séduire une population en quête de changement. Une offensive qui s’inscrit dans un contexte de recomposition politique où les alliances traditionnelles sont remises en question.
Une candidature née d’un diagnostic sévère du bilan municipal
Moussa Fall ne se contente pas de proposer une alternative : il en fait une critique radicale. En s’appuyant sur des « documents et chiffres », il dénonce l’incapacité de la mairie sortante à faire fructifier le potentiel économique local, citant notamment les Salins du Saloum et la SONACOS comme des entités dont les retombées pour Kaolack restent insuffisantes. Son objectif affiché ? Négocier avec ces structures pour que leur présence se traduise par des retombées fiscales, des emplois et des investissements sociaux concrets dans les quartiers.
Cette posture s’accompagne d’une volonté affichée de rompre avec les logiques d’alliances de circonstance. « Je ne soutiens personne, je ne suis dans aucune coalition », déclare-t-il, insistant sur son indépendance politique comme un gage de transparence. Une ligne qui contraste avec les recompositions en cours, où d’anciens soutiens du maire sortant, comme Serigne Samba Tall, tentent de capter l’héritage politique de la municipalité.
Un programme ancré dans les réalités locales
Le projet de Moussa Fall s’articule autour de sept axes prioritaires, reflétant une approche à la fois économique et sociale. Parmi eux, le développement de l’entrepreneuriat local, la valorisation du patrimoine kaolackois, et une intercommunalité élargie incluant des localités voisines comme Sibassor ou Kahone. Une vision qui mise sur la jeunesse et le sport, deux leviers identifiés comme stratégiques pour redynamiser la ville.
L’Aprodel, mouvement qu’il dirige, revendique une constance : porter la voix des « oubliés » de Kaolack et dénoncer les injustices locales. Une ligne de conduite qui, selon lui, n’a jamais varié depuis la création du parti, renforçant sa crédibilité auprès d’un électorat en quête de rupture avec les pratiques politiques traditionnelles.
Un rapport de force à construire face aux héritiers du pouvoir sortant
Si Moussa Fall mise sur une dynamique de terrain, son défi reste de taille. La mairie de Kaolack, dirigée par Serigne Mboup depuis 2022, reste un bastion où les alliances locales pèsent lourd. Le maire sortant ayant annoncé ne pas briguer de troisième mandat, la bataille s’annonce ouverte entre ceux qui cherchent à perpétuer l’héritage politique du CCBM et ceux qui, comme Fall, veulent le contester frontalement.
Reste à savoir si l’Aprodel pourra transformer cette énergie militante en un rapport de force électoral. Dans une ville où le jeu des alliances a souvent redessiné les équilibres politiques, la capacité de Fall à fédérer au-delà de son camp sera déterminante. Une chose est sûre : son discours, à la fois offensif et structuré, a déjà bousculé les certitudes d’une campagne qui s’annonçait jusqu’ici dominée par les héritiers du pouvoir municipal.