L'ancien ministre de l'Enseignement supérieur, Moussa Baldé, a formellement décliné l'invitation de la commission d'enquête parlementaire chargée de faire la lumière sur le programme « Un étudiant, un ordinateur ». Cette décision, qui intervient dans un climat de tensions institutionnelles, souligne les désaccords croissants sur les modalités de contrôle parlementaire au Sénégal.
Une convocation jugée imprécise par l'ancien ministre
Moussa Baldé, par ailleurs professeur titulaire à l'Université Cheikh Anta Diop et président du Conseil départemental de Kolda, a adressé une correspondance officielle au député El Hadji Guèye, président de la commission. Dans ce courrier daté du 14 octobre 2026, il justifie son refus de comparaître par le caractère lacunaire de la convocation reçue le 8 octobre. Selon l'ancien ministre, le document ne précise ni les marchés publics visés par les investigations, ni les décisions administratives spécifiques faisant l'objet de soupçons d'irrégularités.
Le recours au cadre réglementaire de l'Assemblée
Pour fonder son refus, Moussa Baldé s'appuie sur l'article 53 du règlement intérieur de l'Assemblée nationale. Il estime que l'absence de détails sur les actes administratifs à justifier empêche toute préparation sérieuse de son audition. Cette posture juridique vise à contester la rigueur de la procédure engagée par les députés, qui cherchent à éclaircir les conditions de passation et d'exécution des marchés liés à l'équipement informatique des étudiants.
Un précédent qui fragilise l'enquête parlementaire
Le refus de Moussa Baldé s'inscrit dans une série d'obstructions auxquelles fait face la commission. Avant lui, Abdoulaye Daouda Diallo avait déjà opposé une fin de non-recevoir aux députés, contestant notamment la forme de sa notification, transmise via la messagerie WhatsApp. Ces deux absences successives de figures de l'ancien exécutif posent un défi majeur à la commission parlementaire, dont l'autorité et la capacité à mener à bien ses investigations sur la gestion du programme « Un étudiant, un ordinateur » se trouvent désormais directement questionnées par les personnes convoquées.