Le 7e vice‑président de l’Assemblée nationale, Amadou Bâ, a fait adopter hier une motion préjudicielle sur le fondement de l’article 83, avec 109 voix favorables, 20 contre et trois abstentions, révélant des positions parlementaires qui dépassent les clivages habituels.
Résultats chiffrés du scrutin
Sur les 132 députés appelés à se prononcer, la majorité a clairement soutenu la motion, atteignant 82,6 % des suffrages exprimés. Les 20 voix opposées proviennent majoritairement de l’opposition, tandis que trois parlementaires ont choisi de s’abstenir, un geste qui a immédiatement suscité l’attention des observateurs.
Les abstentions qui ont surpris
Les trois abstentions sont portées par Moustapha Diop, député‑maire de Louga, Papa Tahirou Sarr, président du parti Nationalistes, et la députée Nafi Kane. Aucun d’eux n’a justifié publiquement son choix, mais le fait de ne soutenir ni le « oui » ni le « non » indique une volonté de distance vis‑à‑vis des deux grands blocs politiques. Cette posture pourrait refléter des désaccords internes, des stratégies locales ou une volonté de garder une marge de manœuvre pour de futures négociations.
Des opposants constants : Djiby Ciss et Félicité Mbougar Sarr
Le scrutin a également confirmé la constance de deux parlementaires, Djiby Ciss et Félicité Mbougar Sarr, qui ont de nouveau voté contre la motion. Leur position s’inscrit dans la ligne défendue par la plupart des membres de l’opposition, soulignant une opposition structurée et non ponctuelle à la proposition d’Amadou Bâ.
Enjeux politiques de la motion préjudicielle
Au-delà du simple décompte des voix, la motion préjudicielle revêt une importance stratégique : elle permet d’interroger la légalité d’une décision ou d’une procédure avant qu’elle ne soit appliquée. Son adoption à large majorité renforce la capacité du Parlement sénégalais à exercer un contrôle juridictionnel préventif. Les abstentions et les votes d’opposition, quant à eux, signalent que certains élus restent critiques quant à l’interprétation de l’article 83 ou aux implications politiques de la motion. Cette diversité de positions pourrait influencer les débats futurs sur la séparation des pouvoirs et la gouvernance parlementaire au Sénégal.