Un décret présidentiel signé par Vladimir Poutine le 17 septembre 2026 a acté le transfert des actifs russes des groupes Auchan, Nestlé et de l'ex-enseigne Leroy Merlin sous le contrôle de la société russe L.E.V. Management. Cette décision, qui s'inscrit dans une stratégie de mise sous administration temporaire des avoirs étrangers, place ces multinationales dans une situation d'incertitude juridique majeure.
Une prise de contrôle sous couvert d'administration temporaire
Le décret s'appuie sur un dispositif législatif instauré en 2023, permettant à l'État russe de saisir temporairement les actifs d'entreprises originaires de pays qualifiés d'« hostiles ». Ce mécanisme, déjà éprouvé avec les filiales locales de Danone et Carlsberg, vise désormais ces trois géants de la distribution et de l'agroalimentaire. La structure L.E.V. Management devient ainsi l'entité gestionnaire de ces parts sociales, une manœuvre qui contraint les entreprises concernées à réagir dans l'urgence pour protéger leurs intérêts.
Réactions et quête de clarifications des multinationales
Face à cette décision brutale, les réponses des groupes diffèrent par leur ton. La filiale russe d'Auchan, opérant sous le nom d'Achan, a officiellement sollicité des « clarifications » auprès des autorités russes, dans l'attente d'une visibilité sur les conséquences opérationnelles de ce transfert. De son côté, le groupe suisse Nestlé a adopté une posture plus défensive, affirmant étudier toutes les options juridiques disponibles pour préserver ses droits et assurer la continuité de ses activités essentielles sur le territoire.
Un poids économique en déclin pour les groupes occidentaux
Si la portée politique de ce décret est significative, l'impact financier direct pour ces multinationales semble, à court terme, limité par leur désengagement progressif depuis 2022. Pour Nestlé, le marché russe ne représenterait plus qu'environ 1 % de son chiffre d'affaires global, le groupe ayant drastiquement réduit ses investissements, ses importations et sa publicité. L'enjeu pour ces entreprises ne réside plus tant dans la perte de revenus opérationnels que dans la valorisation de leurs actifs restants et les modalités complexes d'une éventuelle sortie définitive du marché russe.