Le Premier ministre du Burkina Faso, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a officialisé à Moscou le partenariat le plus important jamais conclu par la Banque confédérale d’investissement et de développement de l’Alliance des États du Sahel (BCID‑AES). Le mémorandum d’entente signé avec la société d’État russe VEB.RF vise à mobiliser des financements pour les projets structurants du Sahel.
Un accord-cadre pour accélérer les projets du Sahel
Le texte, signé le 28 octobre 2026 en marge du sommet Russie‑Afrique, a été paraphé par Balibié Serge Auguste Bayala, président de la BCID‑AES, et Daniil Algoulian, vice‑président de VEB.RF, en présence du vice‑Premier ministre russe Alexandre Novak. Selon le Premier ministre burkinabè, il s’agit d’un « accord‑cadre non limitatif » qui définit les grandes lignes d’une coopération future, tout en laissant la porte ouverte à des approfondissements concrets.
Des financements ciblés sur les priorités du Sahel
Créée le 13 mars 2025 par les chefs d’État du Mali, du Burkina Faso et du Niger, la BCID‑AES dispose d’un capital initial de 500 milliards de francs CFA. Sa mission est de financer les grands chantiers de la Confédération, notamment les infrastructures, l’énergie, les transports et l’agriculture, en privilégiant les ressources locales. Le partenariat avec VEB.RF devrait permettre de débloquer rapidement des fonds pour des projets structurants, comme la modernisation des réseaux routiers, le développement de centrales solaires ou la mise en place de systèmes d’irrigation adaptés aux conditions arides.
Implications géopolitiques et économiques
En plaçant la Russie en tête des bailleurs extérieurs de la BCID‑AES, Moscou renforce son influence économique et politique en Afrique de l’Ouest. Ce mouvement s’inscrit dans la stratégie russe de diversification de ses partenariats en dehors de l’Europe, tout en offrant aux pays du Sahel une alternative aux financements traditionnels occidentaux. Pour les États membres, l’accès à des capitaux supplémentaires pourrait accélérer la réalisation de projets longtemps retardés par le manque de ressources.
Prochaines étapes pour la BCID‑AES
Le Premier ministre a souligné la nécessité de passer rapidement de la signature à la mise en œuvre concrète : « Il nous appartient maintenant d’être concrets, de faire sortir au plus vite des projets structurants pour le Sahel ». Les autorités burkinabè, maliennes et nigériennes devront donc identifier, prioriser et présenter des dossiers de financement à VEB.RF, tout en assurant la transparence et la viabilité économique des initiatives.