Le président malien Assimi Goïta et son homologue russe Vladimir Poutine ont réaffirmé, le 19 août, la solidité de leur coopération sécuritaire. Cet échange intervient dans un contexte de reconfiguration diplomatique régionale, marqué par l'annonce imminente d'un mémorandum de coopération entre Moscou et la CEDEAO.
Une coordination sécuritaire maintenue au Mali
Lors de leur entretien téléphonique, les deux chefs d'État ont insisté sur la poursuite de leur collaboration pour stabiliser le Mali et la zone saharo-sahélienne. Assimi Goïta a salué l'appui russe dans la lutte contre les groupes armés extrémistes. Si les discussions ont également porté sur le renforcement des échanges commerciaux et humanitaires, aucun nouvel accord militaire ou livraison d'équipement supplémentaire n'a été officiellement acté à cette occasion.
La stratégie russe d'élargissement institutionnel
La diplomatie russe semble désormais vouloir diversifier ses canaux d'influence en Afrique de l'Ouest. Deux jours avant l'appel entre Bamako et Moscou, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, avait annoncé la préparation d'un mémorandum avec la CEDEAO. Cette initiative, qui pourrait inclure des volets sécuritaires, vise à étendre la présence russe au-delà des pays de l'Alliance des États du Sahel (AES), notamment vers les États côtiers confrontés à une menace sécuritaire croissante.
Un équilibre complexe entre deux blocs
Moscou occupe une position singulière en devenant un partenaire sécuritaire privilégié de l'AES tout en cherchant à institutionnaliser ses relations avec la CEDEAO, organisation dont le Mali, le Burkina Faso et le Niger se sont retirés en janvier 2025. Cette double approche pourrait, à terme, faciliter le partage d'informations ou la gestion des flux transfrontaliers. Toutefois, la Russie ne s'est pas encore imposée comme médiateur entre les deux ensembles régionaux.
Les échéances à venir
La portée réelle de cette stratégie reste à définir, le contenu précis du mémorandum Russie-CEDEAO demeurant inconnu. Les observateurs scrutent désormais le troisième Sommet Russie-Afrique, prévu fin octobre à Moscou, qui devrait clarifier la manière dont le Kremlin compte articuler ses partenariats avec l'AES, la CEDEAO et l'Union africaine dans un paysage géopolitique en pleine mutation.