Mortalité maternelle au Ghana : le cri de détresse face aux défaillances du système de santé

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 26 lectures
Mortalité maternelle au Ghana : le cri de détresse face aux défaillances du système de santé

Le décès prématuré de Theresa Boakye Dua, 31 ans, lors d'un accouchement par césarienne au Ridge Hospital d'Accra, a ravivé l'indignation nationale face à la persistance de la mortalité maternelle au Ghana. Ce drame, loin d'être un cas isolé, met en lumière les failles structurelles d'un système de santé où la négligence et les retards de prise en charge coûtent la vie à des centaines de femmes chaque année.

Un indicateur de santé publique en crise

La situation est alarmante : selon le ministère de la Santé, le Ghana a enregistré environ 945 décès maternels en milieu hospitalier pour la seule année 2025. La vice-ministre de la Santé, le Dr Grace Ayensu-Danquah, a elle-même qualifié cet indicateur de « moins performant » parmi tous les indices sanitaires du pays. Au-delà des chiffres, cette crise révèle une incapacité chronique à identifier précocement les grossesses à risque et à assurer une orientation efficace vers des structures spécialisées, transformant l'acte de donner la vie en une épreuve périlleuse.

La césarienne, un acte chirurgical sous-équipé

Si la césarienne est souvent perçue par les familles comme une option sécurisante en cas de complications, elle demeure une intervention chirurgicale lourde exigeant des conditions strictes. L'expérience montre que la disponibilité du plateau technique ne suffit pas si le personnel est insuffisant, si le suivi post-opératoire fait défaut ou si l'accès aux produits sanguins est entravé. La problématique ne réside plus dans le choix du mode d'accouchement, mais dans la capacité du système à garantir une prise en charge diligente et professionnelle à chaque étape du processus.

Exigence de responsabilité et réforme systémique

La mobilisation citoyenne, portée par des témoignages poignants sur les réseaux sociaux, exige désormais une rupture avec l'impunité. Les familles réclament des enquêtes systématiques sur les décès évitables et une meilleure reddition de comptes au sein des établissements hospitaliers. Si le dévouement de nombreux soignants est reconnu, il ne peut pallier les carences en matière de supervision, d'équipement et de protocoles d'urgence.

Vers une transformation des pratiques hospitalières

Pour les autorités ghanéennes, l'enjeu est de passer d'une gestion réactive à une stratégie proactive. Cela implique un renforcement des effectifs, une amélioration des systèmes de référence entre les centres de santé et, surtout, une culture de la responsabilité où chaque négligence avérée entraîne des conséquences. La mort de Theresa Boakye Dua, et de tant d'autres, impose une réflexion profonde sur la sécurité des patientes : l'objectif est de faire en sorte que l'hôpital ne soit plus un lieu d'incertitude, mais un sanctuaire où la vie est protégée, de l'accouchement jusqu'au retour au foyer.

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