Mort d’un Marocain à Bologne : enquête sur les soins post-interpellation

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 34 lectures
Mort d’un Marocain à Bologne : enquête sur les soins post-interpellation

L’enquête sur la mort d’Abderrahim Faqir, un ressortissant marocain de 42 ans, s’intensifie à Bologne après son décès survenu dimanche 19 juillet lors d’une intervention policière. Les autorités judiciaires italiennes cherchent à établir si la victime a bénéficié d’une assistance médicale adaptée après son immobilisation par les forces de l’ordre. Une autopsie est prévue vendredi pour déterminer les causes exactes du décès.

Les investigations se concentrent sur deux axes principaux : d’une part, les procédures suivies par le service d’urgence médicale italien 118, et d’autre part, le respect des protocoles par les policiers lors de l’immobilisation d’une personne en état d’agitation. Selon les médias italiens, les enquêteurs examinent notamment pourquoi aucun professionnel de santé n’a été dépêché sur place après un appel au 118, alors que la police avait signalé une personne en crise psychologique. Six personnes, dont deux policiers et quatre secouristes, sont concernées par les premières investigations.

Les conditions de prise en charge de la victime après son immobilisation constituent un volet central de l’enquête. L’avocat de la famille affirme que des vidéos de la scène indiqueraient qu’aucune assistance immédiate n’aurait été prodiguée après que les policiers ont relâché leur emprise. La défense de la famille évoque l’hypothèse que la victime aurait pu être encore en vie à ce moment-là, une possibilité qui devra être confirmée par les conclusions médico-légales. Les enquêteurs disposent de plusieurs sources vidéo, incluant des enregistrements de caméras de surveillance, des images filmées par des témoins et celles issues de la caméra-piéton d’un policier.

Du côté des forces de l’ordre, l’avocat des policiers a déclaré que l’intervention avait été menée conformément aux protocoles en vigueur. Il a également nié toute pression exercée sur le corps de la victime à l’aide des genoux. Les enquêteurs analysent par ailleurs l’impact éventuel du spray au poivre utilisé lors de l’intervention sur l’état de santé d’Abderrahim Faqir.

Cette affaire a suscité une réaction officielle du Maroc. Le ministère des Affaires étrangères marocain a exprimé une « grande préoccupation » quant aux circonstances du décès et demandé aux autorités italiennes d’accélérer l’enquête pour faire toute la lumière sur les faits. Rabat a insisté sur la nécessité de déterminer d’éventuelles responsabilités et de garantir le respect des procédures légales. Par ailleurs, le Club des avocats au Maroc a déposé une plainte-signalement auprès du parquet de Bologne.

Le décès est survenu dans le quartier Pilastro à Bologne, où les forces de l’ordre étaient intervenues pour gérer une situation impliquant une personne en crise. Les résultats de l’autopsie et l’exploitation des enregistrements vidéo devraient permettre aux enquêteurs de reconstituer avec précision la chronologie des événements et d’établir les circonstances exactes de la mort d’Abderrahim Faqir.

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