Le professeur Adams Achanso, chargé de cours à l'Université for Development Studies, a tiré la sonnette d'alarme lors du programme « Democracy Is Not For Sale » à Damongo le 25 septembre. Il estime que la montée du financement privé dans les campagnes électorales menace la qualité des élus au Parlement ghanéen.
Un avertissement académique sur la monétisation des scrutins
Selon Achanso, les exigences croissantes des électeurs poussent les candidats à multiplier les stratégies pour gagner des voix, ce qui alimente le rôle grandissant de l’argent dans le processus électoral. Il souligne que, sans contrôle, cette dynamique pourrait finir par placer des individus moins qualifiés ou moins engagés au cœur du pouvoir législatif.
Quand l’argent influence les primaires internes
Le professeur a détaillé que, au sein des partis, les élections de délégués – souvent perçues comme des étapes décisives – voient des aspirants investir des sommes importantes sans garantie de succès. « À ce niveau, les délégués sont généralement plus conscients politiquement et résistent aux incitations financières », a-t-il expliqué, suggérant que la conscience politique locale peut atténuer l’impact du financement excessif.
Les élections générales et le paradoxe des ressources
En revanche, Achanso note que lors des scrutins nationaux, les partis au pouvoir, malgré un accès plus large aux ressources, ont parfois perdu face à l’opposition. Cette observation montre que la simple possession de fonds ne suffit pas à garantir la victoire, mais que la présence d’argent demeure un facteur déterminant qui peut fausser la compétition.
Vers une réforme du financement électoral au Ghana
Conscient que la monétisation n’est pas encore quantifiée, le professeur a précisé qu’il n’a mené aucune étude empirique pour établir un lien direct entre l’argent et l’élection du président ou des parlementaires actuels. Néanmoins, il appelle à une réflexion collective et à la mise en place de mesures visant à limiter l’influence financière, afin de préserver l’intégrité du système démocratique ghanéen.