À l'occasion de sa dernière visite au Mondial de l'automobile en tant que chef de l'État, Emmanuel Macron réaffirme la nécessité de protéger la filière industrielle française et européenne. Face à la montée en puissance des constructeurs chinois, Paris plaide pour une préférence européenne stricte afin de sécuriser la chaîne de valeur, des batteries aux composants essentiels.
Bilan de l'électrification et enjeux de production
Le gouvernement met en avant une transformation profonde du secteur depuis 2017, marquée par l'émergence d'une filière nationale de batteries et l'implantation de quatre usines dans le nord de la France. Malgré ces avancées, le défi de la souveraineté demeure : si la production de véhicules électriques progresse, elle reste insuffisante pour couvrir la demande intérieure. En 2025, seuls 26 % des véhicules électriques neufs immatriculés en France étaient produits sur le territoire national, une part importante de la production locale étant destinée à l'exportation vers le Royaume-Uni et le reste de l'Europe.
La stratégie de la préférence européenne
Face à une capacité d'exportation chinoise massive, la France souhaite que les aides publiques européennes soient conditionnées à une production locale réelle. L'objectif est d'éviter l'émergence d'usines dites « tournevis », où l'assemblage final en Europe masquerait une dépendance totale aux composants importés. Paris insiste sur la nécessité de soutenir l'ensemble de la chaîne de valeur, incluant les terres rares et les technologies de batterie, pour garantir une autonomie stratégique face à la concurrence internationale.
Divergences diplomatiques avec Berlin
La mise en œuvre de cette politique se heurte à des intérêts divergents au sein de l'Union européenne, notamment avec l'Allemagne. Alors que la France pousse pour des mesures de protection plus fermes, Berlin affiche une prudence marquée, craignant des mesures de rétorsion chinoises qui pénaliseraient ses propres constructeurs, très dépendants du marché asiatique. Si des discussions sont en cours pour harmoniser les positions, l'Élysée dément l'existence d'un accord formel sur un assouplissement des objectifs de réduction des émissions de CO2 en échange d'un soutien allemand au « Made in Europe ».