Moncef El Marzouki dénonce l’ouverture d’une ambassade marocaine à Israël, jugeant la démarche « erronée et moralement répréhensible »

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 29 lectures
Moncef El Marzouki dénonce l’ouverture d’une ambassade marocaine à Israël, jugeant la démarche « erronée et moralement répréhensible »

L’ancien président tunisien Moncef El Marzouki a vivement réagi à l’annonce du Maroc d’établir une ambassade à Tel‑Aviv, dénonçant une initiative qu’il juge à la fois erronée et moralement répréhensible. Selon lui, ce rapprochement risque d’alimenter les tensions déjà vives dans la région nord‑africaine.

Le Maroc officialise une représentation diplomatique à Israël

Dans le cadre d’une nouvelle orientation de sa politique extérieure, le Maroc a décidé d’ouvrir une ambassade à Jérusalem, marquant ainsi une normalisation officielle avec l’État hébreu. Cette décision s’inscrit dans le sillage d’accords plus larges signés entre Rabat et Tel‑Aviv ces dernières années, mais elle constitue la première implantation d’une mission diplomatique marocaine en Israël.

Moncef El Marzouki qualifie la démarche de « coup de poignard »

Depuis la France, où il réside, l’ancien chef d’État tunisien a publié sur les réseaux sociaux que l’ouverture de l’ambassade représente « un coup de poignard dans le dos d’un peuple massacré quotidiennement ». Il estime que cette initiative nuit à l’image du régime marocain et à ses intérêts politiques, tout en étant moralement répréhensible. Pour El Marzouki, la normalisation ne peut se faire tant que les populations de la région continuent de subir des violences.

Des craintes d’escalade des tensions régionales

El Marzouki avertit que la décision marocaine pourrait exacerber les tensions bilatérales dans le Maghreb et au-delà, alors que la région a besoin de calme. Il estime que la présence d’Israël dans la zone risque de provoquer de nouvelles divisions et de reproduire les destructions déjà infligées à l’« Orient arabe ». Selon lui, la stabilité ne pourra être rétablie qu’en limitant l’influence israélienne dans la région.

Un attachement affiché au Maroc et à son intégrité territoriale

Malgré sa critique, l’ex‑président a réaffirmé son « attachement au Maroc », qu’il considère comme sa « seconde patrie ». Il a renouvelé son soutien à la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental et a exprimé sa gratitude envers le roi Mohammed VI pour le soutien apporté à la révolution tunisienne de 2011 et aux mobilisations de la jeunesse l’an dernier. Cette position s’inscrit dans la continuité de son parcours politique, notamment la création en 2001 du Congrès pour la République, parti de gauche opposé à toute forme de normalisation avec Israël.

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