Le secrétaire général de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (CNTS), Mody Guiro, a annoncé une grève générale prévue les 21, 22 et 23 octobre, après avoir exigé la réintégration immédiate des salariés qu’il qualifie de victimes de licenciements abusifs depuis 2024. Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte de tensions salariales et de désaccords persistants avec le gouvernement sur le pacte social.
Revendications de la CNTS et secteurs concernés
Selon les déclarations de Mody Guiro, les licenciements concernent principalement trois entités publiques : le Port autonome de Dakar, la société de transport urbain Dakar Dem Dikk et le Grand Théâtre de Dakar. La CNTS considère ces suppressions de postes comme illégitimes et réclame leur réintégration sans condition. Le syndicat souligne également que ces cas s’ajoutent aux arriérés de salaires accumulés par les agents des collectivités territoriales, aggravant la précarité du personnel public.
Échec du dialogue autour du pacte social
Le Front syndical pour la défense du travail, auquel appartient la CNTS, a indiqué que les négociations avec le gouvernement sur les engagements du pacte social sont au point mort. Les partenaires sociaux n’auraient pas trouvé d’accord sur les mesures de compensation salariale et sur la régularisation des licenciements. Cette impasse renforce la décision du syndicat de recourir à la mobilisation collective pour faire pression sur les autorités.
Calendrier de la mobilisation et ses implications
La grève générale annoncée s’étendra sur trois jours consécutifs, du 21 au 23 octobre. Elle sera précédée de sit‑ins dans les principales villes du pays et d’une marche nationale destinée à sensibiliser l’opinion publique. La CNTS précise que ces actions s’inscrivent dans le cadre d’une tournée nationale d’information visant à mobiliser les travailleurs et à exposer les revendications du syndicat. Le Front syndical de défense du travail avait déjà prévu un débrayage de trois jours sur la même période, ce qui indique une coordination avancée des forces syndicales.
Enjeux pour l'économie sénégalaise
Une grève généralisée dans les secteurs du transport, du port et de la culture pourrait perturber les flux logistiques, affecter le commerce extérieur et ralentir les déplacements urbains. Le Port autonome de Dakar, porte d’entrée majeure du commerce ouest‑africain, est particulièrement sensible à toute interruption. De plus, le secteur du transport public, essentiel pour la mobilité quotidienne de millions de Sénégalais, risque de subir d’importantes pertes de productivité. Ces impacts économiques pourraient renforcer la pression sur le gouvernement pour qu’il revienne à la table des négociations.