Un procès en Afrique du Sud révèle un réseau criminel présumé où un accusé aurait agi sur ordre pour faciliter des meurtres ciblés. Les liens entre un parrain présumé et des paiements suspects, ainsi que des assassinats non élucidés, sont au cœur des débats.
Un réseau criminel sous les projecteurs
Le procès d’un présumé parrain du crime organisé, Nafiz Modack, met en lumière un système présumé de commandites et de blanchiment d’argent. L’accusation soutient que Ziyaad Poole, troisième accusé, a agi sur instructions pour faciliter le meurtre du père d’un responsable des Hawks. Poole, confronté à des questions serrées sur ses liens avec Modack et des paiements reçus d’une société écran, est au cœur de l’enquête.
Treize autres accusés, dont Poole et Modack, sont jugés pour plus d’une centaine d’accusations, incluant une tentative d’assassinat ratée contre un avocat pénaliste du Cap et le meurtre en 2020 d’un détective de l’Unité anti-gangs, Charl Kinnear. Les preuves présentées par l’accusation révèlent des transactions financières suspectes, comme un versement de 5 000 rands à Poole après le meurtre de Kinnear, via la société Empire Investment Cars, utilisée selon l’accusation pour blanchir des fonds.
Des meurtres ciblés et des paiements révélateurs
Les registres financiers obtenus par l’accusation montrent également un dépôt en espèces de 9 800 rands effectué par Poole à Woodstock le 10 juillet 2019, lendemain du meurtre de Nicolaas Heerschap, père d’un ancien officier des Hawks. Ce dernier enquêtait alors sur Modack pour des crimes commerciaux. L’accusation affirme que ce paiement était destiné au gang TWS pour l’exécution du meurtre, et que Modack aurait félicité Poole lors d’une rencontre dans un garage du Cap avec un homme identifié comme « M. A ».
Ces éléments illustrent une stratégie présumée de ciblage systématique des opposants, combinant intimidation, corruption et violence. Le procès, toujours en cours, révèle les mécanismes d’un écosystème criminel où les frontières entre affaires légales et illégales s’effritent, posant des défis majeurs pour les autorités judiciaires sud-africaines.