Le passeport burkinabè confirme sa forte utilité au sein de l'espace continental, tout en marquant le pas sur la scène internationale. Avec un score de mobilité de 64 en 2026, le document de voyage permet d'accéder à 37 destinations africaines sans visa classique, illustrant une intégration régionale réelle mais contrastée par des barrières persistantes vers l'Europe et le Moyen-Orient.
Une intégration régionale facilitée
Sur le continent, le passeport burkinabè offre une liberté de mouvement significative, atteignant un taux d'accès de 69,8 % vers les 53 destinations africaines étudiées. Cette fluidité repose sur des accords de libre circulation, notamment avec les pays membres de la CEDEAO comme le Bénin, la Côte d'Ivoire, le Ghana, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo. Au-delà de cette zone, des pays comme le Maroc, la Tunisie, le Kenya ou le Rwanda proposent également des conditions d'entrée simplifiées, allant de l'exemption de visa à des procédures de délivrance à l'arrivée.
Le recul de la mobilité mondiale
À l'échelle globale, la situation est plus complexe. Le Burkina Faso occupe désormais la 144e place du classement mondial, une position en recul constant depuis 2020, où le pays se situait au 122e rang. Cette tendance baissière se traduit par un score de mobilité passé de 69 en 2023 à 64 en 2026. L'accès aux zones stratégiques reste particulièrement contraint : les 47 destinations européennes, ainsi que les pays du Golfe, l'Asie centrale et le Moyen-Orient, exigent systématiquement l'obtention préalable d'un visa pour les détenteurs du passeport burkinabè.
Disparités et enjeux de réciprocité
Le rapport souligne également des asymétries dans les politiques migratoires. Si le Burkina Faso facilite l'entrée de certains ressortissants étrangers, la réciprocité n'est pas toujours assurée. À titre d'exemple, les citoyens des Émirats arabes unis bénéficient de conditions d'entrée assouplies au Burkina Faso, alors que les Burkinabè doivent se soumettre à une procédure de visa pour s'y rendre. À l'inverse, des pays comme le Kenya ou la Tunisie autorisent l'accès sans visa aux Burkinabè, tandis que leurs propres ressortissants doivent obtenir un visa pour entrer au Burkina Faso. Avec une 132e place sur 199 pays en matière d'accueil des voyageurs étrangers, le pays fait face à un enjeu de diplomatie consulaire pour harmoniser ces flux migratoires.