La nomination d’Amy Mara au poste de ministre des Pêches et de l’Économie maritime, effective depuis le 1er juin 2026, s’accompagne désormais d’une polémique liée à sa maîtrise du langage à l’oral. Un extrait de l’une de ses interventions, diffusé sur les réseaux sociaux, a suscité une vague de moqueries et de commentaires critiques, mettant en lumière des approximations grammaticales et des formulations jugées maladroites.
L’extrait en question montre la ministre lors d’une visite de travail à Touba, à la veille du Magal, un pèlerinage annuel majeur dans la tradition mouride. Son déplacement s’inscrivait dans un cadre institutionnel mêlant des enjeux économiques et des marques de courtoisie religieuse, notamment une audience auprès du khalife général des Mourides. Selon le texte source, le contenu de son propos ne présentait aucune ambiguïté : elle évoquait une concertation avec les acteurs locaux des marchés au poisson et sollicitait les prières du khalife pour les plus hautes autorités du pays. C’est donc la forme de son intervention qui a retenu l’attention, et non son fond.
Dès les premiers mots de son allocution, la syntaxe de la ministre semble se dérober. Les phrases, marquées par des répétitions, des faux départs et des constructions grammaticales incomplètes, donnent l’impression d’une pensée non structurée avant d’être verbalisée. Un phénomène classique lors des prises de parole improvisées, mais rarement aussi marqué chez une personnalité occupant une fonction ministérielle. Les internautes ont notamment souligné des erreurs d’accords, des formulations maladroites et des hésitations répétées, comme l’emploi de « un visite » au lieu de « une visite » ou l’absence de préposition dans des expressions comme « rendre visite mon père ».
Ces approximations, bien que mineures en apparence, prennent une dimension particulière dans le contexte sénégalais, où l’éloquence politique est traditionnellement valorisée. Les prises de parole des membres du gouvernement y sont systématiquement analysées, commentées et parfois instrumentalisées. Une syntaxe hésitante peut ainsi être interprétée, à tort ou à raison, comme un manque de maîtrise, même lorsque la compétence technique du ministre n’est pas remise en cause. Amy Mara, économiste de formation et spécialiste reconnue de la passation des marchés, a été nommée pour son expertise administrative, non pour ses talents orateurs. Pourtant, la fonction ministérielle exige une aisance à l’oral qui dépasse souvent le cadre strict des compétences techniques.
L’épisode soulève une question plus large sur les attentes placées dans les personnalités politiques. Si la maîtrise du langage est un critère souvent associé à la crédibilité d’un dirigeant, elle ne reflète pas nécessairement sa capacité à exercer ses fonctions. Cependant, dans un environnement médiatique où chaque mot est scruté, une intervention mal formulée peut rapidement devenir un sujet de polémique, comme cela a été le cas pour d’autres responsables politiques par le passé. Reste à savoir si cet incident restera sans lendemain ou s’il incitera la ministre à adapter sa communication pour ses prochaines prises de parole publiques.