Pour la première fois depuis son activation, le mécanisme de vérification du cessez-le-feu en RDC a été testé sur le terrain à Minembwe, dans le Sud-Kivu. Une mission déployée lundi avec l’appui logistique de la Monusco, mais dont l’efficacité reste à prouver face aux combats persistants et aux accusations croisées entre Kinshasa et l’AFC/M23.
Un déploiement longuement préparé, mais sous haute tension
La mission de vérification, prévue par l’accord de Doha d’octobre 2025, a mis près d’un an à se concrétiser. Ses termes de référence, adoptés en février 2026, n’ont été suivis d’un mémorandum opérationnel qu’en avril. Les trois officiers congolais désignés n’ont rejoint Goma qu’en juillet, illustrant les retards accumulés. Avant ce premier test à Minembwe, un vol de reconnaissance de la Monusco avait déjà survolé la zone jeudi, comme une répétition générale.
Des accusations réciproques qui compliquent la tâche des observateurs
Alors que la mission tente de s’installer, les combats et les violations présumées se poursuivent. L’AFC/M23 accuse les FARDC d’avoir bombardé Nyaruhinga, près de Minembwe, tandis que Kinshasa pointe des exactions attribuées à l’AFC/M23 et aux forces rwandaises dans les zones sous leur contrôle. Pour juin 2026 seulement, le bureau des droits de l’Homme de l’ONU a recensé 216 atteintes documentées, imputables aux trois parties en conflit. La vérification indépendante de ces allégations s’avère cependant difficile dans un contexte aussi volatile.
Une feuille de route inaboutie et des négociations en suspens
Sur le plan politique, les avancées restent limitées. Les discussions en Suisse ont abouti à une feuille de route, mais aucune signature formelle n’a encore été actée : chaque camp a émis des réserves. Une nouvelle rencontre est envisagée en octobre, mais les protocoles restants à négocier pourraient encore retarder une résolution durable. Dans l’immédiat, le mécanisme de vérification devra prouver sa capacité à s’imposer comme un outil crédible, malgré les obstacles persistants.