Face à la recrudescence du virus Ebola Bundibugyo en République démocratique du Congo, la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPi) a débloqué près de 14 millions d’euros pour soutenir le développement d’un nouveau vaccin mené par le groupe égyptien Minapharm.
Financement de la CEPi et objectifs du projet
Le fonds de 16,5 millions de dollars, destiné à Minapharm, vise à couvrir les étapes précliniques et à préparer le passage du candidat‑vaccin à la première phase d’essais cliniques chez l’humain. La CEPi, qui regroupe des acteurs publics et privés engagés dans la prévention des pandémies, considère ce financement comme une réponse rapide aux besoins urgents de la RDC, où le virus Bundibugyo, moins étudié que les souches Zaire et Sud‑Sud, menace la santé publique.
Le candidat‑vaccin développé par ProBioGen
Le vaccin en cours de développement a été conçu par ProBioGen, une société de biotechnologie basée à Berlin et filiale du groupe Minapharm. ProBioGen a déjà travaillé sur des plateformes vaccinales à vecteur viral, ce qui a permis d’adapter rapidement la technologie au profil génétique du virus Bundibugyo. Le projet prévoit de réaliser les premiers essais de sécurité et d’immunogénicité sur le continent africain, afin de valider la tolérance du vaccin avant d’envisager une production à plus grande échelle.
Enjeux pour la lutte contre Ebola en RDC
Le déploiement d’un vaccin ciblé sur la souche Bundibugyo représente une avancée stratégique, car les vaccins existants, comme le rVSV‑ZEBOV, sont spécifiquement conçus contre la souche Zaire. Une réponse immunitaire efficace contre Bundibugyo pourrait réduire le taux de transmission et limiter les décès dans les zones touchées, notamment les provinces du Nord‑Kivu et de l’Ituri, où les cas récents ont mis à mal les capacités sanitaires locales. En outre, la participation d’un groupe égyptien renforce la coopération sud‑sud en matière de recherche biomédicale, ouvrant la voie à une plus grande autonomie du continent face aux menaces virales.