Le président argentin Javier Milei durcit le ton face au Royaume-Uni en annonçant des sanctions économiques contre les entreprises exploitant le pétrole près des Malouines, un archipel disputé depuis plus d’un demi-siècle. Cette décision intervient alors que Buenos Aires mise sur un possible revirement de la position américaine, tandis que Londres réaffirme le droit des insulaires à déterminer leur avenir.
Un projet pétrolier au cœur des tensions
Milei a pointé du doigt le champ pétrolifère Sea Lion, situé à environ 210 kilomètres des Malouines, où deux compagnies – la britannique Rockhopper Exploration et l’israélienne Navitas Petroleum – prévoient d’entamer des forages d’ici deux ans. Avec une réserve estimée à 1,7 milliard de barils, ce gisement représente une menace selon le président argentin, qui évoque une « capacité matérielle » inédite pour Londres d’exploiter les ressources sous-marines revendiquées par Buenos Aires.
Washington en ligne de mire : un soutien potentiel à Buenos Aires ?
Le durcissement des positions s’accompagne d’un rapprochement diplomatique entre l’Argentine et les États-Unis. Milei a salué une « évaluation » en cours de la neutralité américaine sur la question des Malouines, tandis que l’administration Trump a multiplié les signaux ambigus. Lors d’une interview récente, l’ancien président américain a conditionné un éventuel soutien au Royaume-Uni à une augmentation des dépenses de défense britanniques, tout en critiquant Londres pour son manque de soutien passé. Parallèlement, une responsable du département d’État américain a partagé une photo avec Milei, accompagnée de la mention « Des choses passionnantes se passent dans l’hémisphère occidental ».
Londres campe sur ses positions malgré le référendum de 2013
Le gouvernement britannique a réitéré cette semaine que les Malouines étaient un territoire britannique où les insulaires, à 99,8 %, ont choisi de rester sous souveraineté britannique lors d’un référendum en 2013. Londres rappelle que les habitants disposent du droit à l’autodétermination, une position que Milei qualifie de « déclin » du Royaume-Uni. Pour renforcer sa posture, l’Argentine envisage également la création d’une base navale dans la province de Terre de Feu, symbolisant une volonté de contrôle accru dans l’Atlantique Sud.
Un conflit aux racines historiques et des répercussions régionales
Les tensions remontent à 1982, lorsque l’Argentine a envahi les Malouines, déclenchant une guerre de 74 jours avec le Royaume-Uni. Le bilan humain – 255 soldats britanniques, 649 argentins et 3 insulaires – reste un sujet sensible. Les relations entre les deux pays restent marquées par cette histoire, comme en témoignent les célébrations des joueurs argentins après leur victoire contre l’Angleterre en Coupe du monde 2022, où ils ont brandi une banderole en soutien à la revendication territoriale.
La question des sanctions, dont les modalités exactes restent à préciser, s’inscrit dans une stratégie plus large de Milei pour faire valoir les droits argentins sur les Malouines. Reste à savoir si cette approche, combinée à un alignement sur Washington, suffira à faire bouger les lignes dans un dossier où Londres refuse toute concession.