Les élections américaines de mi-mandat ont officiellement commencé vendredi 4 septembre, marquées par un imbroglio juridique autour du vote par correspondance. Des millions d'Américains pourraient être affectés par des règles encore incertaines, à moins de deux mois du scrutin du 3 novembre.
La Caroline du Nord lance le compte à rebours
Premier État à envoyer des bulletins de vote par correspondance, la Caroline du Nord a donné le coup d'envoi d'une séquence électorale qui déterminera le contrôle du Congrès pour les deux dernières années du mandat présidentiel. Dix-huit autres États doivent suivre environ 45 jours avant le scrutin. Mais les responsables électoraux et les électeurs ignorent encore quelles règles s'appliqueront concrètement à ces votes par courrier.
Trump face à la Cour suprême
Donald Trump a fait du vote par correspondance un cheval de bataille récurrent, malgré ses propres recours à ce mode de scrutin lors de primaires républicaines en Floride. Il demande à la Cour suprême de rétablir des restrictions adoptées par décret, puis bloquées par un juge fédéral. Ce décret impose aux États d'établir une liste des électeurs habilités et à la Poste américaine de ne distribuer les bulletins qu'à ces personnes uniquement. Les enveloppes doivent en outre comporter des codes-barres, sous peine de refus.
Un lanceur d'alerte alerte sur des millions de votants potentiellement exclus
Cette semaine, un lanceur d'alerte a mis en cause le nouveau système mis en place par la Poste américaine pour se conformer au décret présidentiel. Selon ses accusations, « potentiellement, des millions d'électeurs américains pourraient ne pas recevoir – à temps ou du tout – leur bulletin de vote par correspondance pour les prochaines élections ». Une juge fédérale examinant la prolongation du blocage temporaire a averti que des changements précipités risquaient de provoquer d'importantes perturbations. « Nous parlons du droit de vote des citoyens », a-t-elle souligné.
Des marges de manœuvre limitées pour les États
Les délais sont serrés. Le décret prévoit une période de 60 jours avant le scrutin pour que les États transmettent les informations sur les électorats. Les responsables électoraux auraient peu de temps pour modifier les enveloppes, mettre à jour leurs systèmes informatiques, former leurs employés et importer les données si les tribunaux lève le blocage. « Ce sont les États qui fixent la date, le lieu et les modalités des élections dans ce pays, pas le président », a rappelé Marc Elias, fondateur de la plateforme Democracy Docket spécialisée dans la défense du droit de vote. « Le président ne dispose d'aucun pouvoir sur les élections fédérales », a-t-il martelé.
Un scrutin à haut risque pour les républicains
Ce bras de fer juridique survient dans un contexte défavorable pour la majorité républicaine. Selon un modèle de projections de l'université Cornell, l'opposition民主党 dispose de huit chances sur dix de reprendre le contrôle de la Chambre des représentants. La popularité de Donald Trump se situe à son plus bas niveau, sur fond de tensions géopolitiques et de flambée des prix, notamment énergétiques. À noter que ce contentieux s'ajoute aux conflits autour du redécoupage electoral partisan dans une douzaine d'États environ.