La gouvernance de la FIFA est plus que jamais fragilisée par une fronde menée par plusieurs confédérations continentales. Michel Platini, ancien président de l'UEFA, a publiquement appelé au départ de Gianni Infantino, dénonçant une gestion qui s'affranchit des règles fondamentales du football et des velléités de privatisation de l'instance mondiale.
Des entorses répétées aux règlements sportifs
Pour Michel Platini, le mandat de Gianni Infantino est marqué par une rupture avec l'éthique sportive. L'ancien capitaine des Bleus pointe du doigt des décisions prises lors de la Coupe du monde 2026, telles que l'instauration de pauses fraîcheur non réglementées ou l'allongement inédit de la mi-temps lors de la finale. Plus grave encore, il dénonce l'ingérence politique ayant conduit à l'annulation d'un carton rouge infligé à l'attaquant américain Folarin Balogun, une décision perçue comme une soumission aux pressions extérieures qui fragilise l'autorité de l'arbitrage.
Une fronde institutionnelle et judiciaire
La pression sur le dirigeant italo-suisse, en poste depuis 2016, s'est intensifiée après la révélation d'un projet avorté visant à ouvrir le capital de la Coupe du monde à des investisseurs privés. Face à cette situation, l'UEFA, soutenue par les confédérations nord-américaine (Concacaf) et asiatique (AFC), s'organise. Une plainte pour « gestion déloyale » est en préparation en droit suisse, tandis que les instances européennes cherchent activement une alternative crédible pour le congrès électif prévu en mars 2027 au Maroc.
Le contentieux personnel entre les deux dirigeants
Cet affrontement prend une dimension judiciaire personnelle. Michel Platini, qui avait été écarté de la course à la présidence de la FIFA avant d'être acquitté en 2025, a déposé plainte en France contre Gianni Infantino pour « dénonciation calomnieuse » et « trafic d'influence ». L'ancien numéro 10 français estime que son successeur à l'UEFA a su tirer profit de sa mise à l'écart pour s'emparer du pouvoir. Si Platini reconnaît que le départ d'Infantino ne se fera probablement pas par les instances sportives, il mise sur la justice pour mettre fin à ce qu'il qualifie de dérive bureaucratique au sommet du football mondial.