Meta paie 17 milliards de dollars pour protéger les jeunes Américains : un modèle pour l’Afrique ?

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 17 lectures
Meta paie 17 milliards de dollars pour protéger les jeunes Américains : un modèle pour l’Afrique ?

Une entente historique de 17 milliards de dollars entre Meta et les États américains pourrait-elle inspirer des régulations similaires en Afrique, où les jeunes sont de plus en plus exposés aux risques des réseaux sociaux ?

Un règlement record pour des accusations graves

Meta a accepté de verser jusqu’à 17 milliards de dollars pour mettre fin à un mégaprocès intenté par la quasi-totalité des États et territoires américains. Les procureurs reprochaient au géant des réseaux sociaux d’avoir délibérément conçu des fonctionnalités sur Facebook et Instagram pour rendre les jeunes Américains dépendants, tout en cachant les effets néfastes sur leur santé mentale. Cet accord évite à Mark Zuckerberg de témoigner devant la justice et met un terme à des années de poursuites.

Des mesures strictes pour les mineurs, mais une application limitée

L’entente impose à Meta des restrictions inédites : une limite de deux heures d’utilisation quotidienne pour les mineurs, un blocage nocturne entre minuit et 6 heures, et l’interdiction d’envoyer des notifications pendant les heures de cours. Le géant technologique s’engage également à renforcer la vérification de l’âge, à limiter les contenus dangereux (troubles alimentaires, automutilation) et à restreindre les fonctionnalités favorisant la comparaison sociale, comme les filtres beauté ou les comptes de « likes ».

Un impact incertain au Canada… et en Afrique

Selon Me Maanit Zemel, avocate spécialisée en droit numérique, cet accord ne s’appliquera qu’aux États signataires et ne s’étendra pas automatiquement au Canada ou ailleurs. Meta pourrait adapter ses plateformes par région, privilégiant ses intérêts économiques. « À chaque seconde où quelqu’un est en ligne, Meta fait de l’argent », souligne-t-elle. Aucune obligation ne l’incite à généraliser ces mesures en Afrique, où les régulations restent fragmentées.

Un cadre pour les futures lois africaines ?

Bien que l’entente n’ait pas de valeur juridique au Canada, elle pourrait servir de référence pour des actions similaires en Afrique. Plusieurs poursuites sont déjà en cours au Québec, en Ontario et en Colombie-Britannique, tandis que le gouvernement canadien a déposé un projet de loi (C-34) pour encadrer les médias sociaux. En Afrique, où les jeunes représentent une part croissante des utilisateurs, des législations comme celle-ci pourraient émerger, mais leur adoption dépendra des priorités locales. La santé mentale des adolescents, souvent négligée, pourrait devenir un enjeu central dans les débats sur la régulation du numérique.

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