Face aux pressions judiciaires et aux critiques grandissantes, Meta durcit les restrictions pour les utilisateurs mineurs sur ses plateformes phares. À partir de 2025, les moins de 18 ans aux États-Unis ne pourront plus passer plus de deux heures par jour sur Instagram et Facebook, sauf dérogation parentale.
Des mesures drastiques pour limiter l'exposition des adolescents
Les nouvelles règles, négociées avec une cinquantaine d'États américains, prévoient un plafond quotidien de deux heures cumulées sur les deux plateformes. Un blocage nocturne est également instauré entre minuit et 6 heures du matin, à l'exception des messageries. Les notifications seront désactivées entre 22 heures et 7 heures, ainsi que pendant les heures de classe, afin de réduire les distractions et les risques d'addiction.
Une transparence renforcée et des outils anti-pression sociale
Meta va masquer les compteurs de « likes » et désactiver les filtres imitant des effets de chirurgie esthétique, deux fonctionnalités souvent pointées du doigt pour leur impact sur l'estime de soi des jeunes. Ces restrictions ne pourront être levées que par un parent dont le compte est lié à celui de l'adolescent. Un auditeur indépendant sera chargé de vérifier le respect de ces mesures, dont la mise en œuvre est prévue dans les six prochains mois.
Vers une réduction supplémentaire si la concurrence suit
Meta laisse entrevoir une intensification de ses restrictions si TikTok, Snapchat et YouTube adoptent des mesures similaires. Dans ce cas, la durée quotidienne pourrait être réduite à une heure, avec un blocage nocturne élargi entre 22 heures et 7 heures. Cette annonce survient alors que le groupe est sous le feu des projecteurs pour son rôle présumé dans l'aggravation de l'addiction et des troubles du comportement chez les adolescents.
Un contexte judiciaire et social explosif
Ces mesures s'inscrivent dans un climat de défiance croissante envers les géants du numérique. Meta fait face à des dizaines de procédures aux États-Unis, accusé de négligence dans la protection des jeunes utilisateurs. Les régulateurs et les associations de parents réclament depuis des années des garde-fous plus stricts, tandis que les études scientifiques pointent un lien entre l'utilisation intensive des réseaux sociaux et des problèmes de santé mentale chez les mineurs.