Face à la pression croissante des autorités américaines concernant l'impact des réseaux sociaux sur la jeunesse, Meta a accepté de restreindre l'accès à ses plateformes Facebook et Instagram pour les moins de 18 ans. Cette décision, actée par un accord juridique avec une cinquantaine d'États, marque un tournant dans la gestion des usages numériques des mineurs et impose des limites strictes sur le temps de connexion et les interactions.
Un encadrement strict du temps de connexion
Le géant technologique s'engage à instaurer une limite par défaut de deux heures d'utilisation quotidienne pour les mineurs sur ses deux applications phares. Au-delà de ce seuil, l'accès sera restreint. Parallèlement, un blocage automatique sera activé entre minuit et 6 heures du matin, excluant toutefois les services de messagerie. Ces paramètres, conçus pour limiter l'exposition prolongée, ne pourront être modifiés que par l'intervention directe d'un parent, conférant ainsi aux tuteurs un rôle de contrôle renforcé sur les habitudes numériques de leurs enfants.
Réduction des sollicitations et des pressions sociales
Au-delà de la gestion du temps, Meta va modifier l'expérience utilisateur pour limiter les facteurs de stress et d'addiction. Les notifications seront automatiquement désactivées durant les plages nocturnes, de 22 heures à 7 heures, ainsi que pendant les heures de classe. La plateforme prévoit également de masquer les compteurs de mentions « j'aime » et de désactiver certains filtres esthétiques simulant des interventions de chirurgie, des outils souvent pointés du doigt pour leurs effets néfastes sur l'image de soi chez les adolescents.
Une mise en œuvre sous contrôle judiciaire
Ces mesures, qui doivent entrer en vigueur dans les six mois au sein des États signataires, font suite à un accord global visant à clore des litiges sur la responsabilité de l'entreprise face à l'addiction aux réseaux sociaux. Le dispositif est actuellement soumis à l'approbation d'une juge fédérale à Oakland, en Californie. Si cet accord illustre une volonté de régulation plus stricte, il pose également la question de la pérennité de ces garde-fous face à l'évolution constante des usages numériques et des stratégies de captation d'attention des plateformes.