Le géant technologique Meta se retrouve sous le coup d'une condamnation judiciaire majeure après qu'un jury du Nouveau-Mexique a reconnu la plateforme Facebook coupable de pratiques trompeuses concernant la protection des données privées. Cette décision, ancrée dans les répercussions persistantes du scandale Cambridge Analytica, pourrait se traduire par une amende record pour le groupe de Mark Zuckerberg.
Une responsabilité établie pour 43 millions d'infractions
Le verdict rendu à Santa Fe marque une étape inédite dans le traitement judiciaire du scandale Cambridge Analytica. Contrairement à d'autres États américains qui ont opté pour des accords transactionnels, le Nouveau-Mexique a maintenu ses poursuites, aboutissant à la reconnaissance de plus de 43 millions de violations de la loi sur la protection des consommateurs. Le jury a estimé que Facebook a délibérément induit ses utilisateurs en erreur sur l'accès accordé aux applications tierces et a failli à son obligation d'informer les citoyens du détournement de leurs données personnelles à des fins politiques.
Le risque financier d'une sanction exemplaire
Alors que le montant définitif de la condamnation doit encore être fixé par le juge Francis Mathew, l'enjeu financier est colossal. L'État du Nouveau-Mexique réclame l'application du plafond légal de 5 000 dollars par infraction constatée, une demande qui pourrait théoriquement mener à une sanction se chiffrant en dizaines de milliards de dollars. Dans ses documents boursiers, Meta avait d'ailleurs anticipé une exposition financière pouvant atteindre 63 milliards de dollars. De son côté, le groupe conteste fermement le verdict et maintient sa ligne de défense, affirmant ne jamais avoir vendu de données permettant l'identification directe de ses utilisateurs.
Une série de revers judiciaires pour Meta
Cette condamnation s'inscrit dans un contexte de pression accrue des autorités américaines sur les pratiques de Meta. Le groupe fait face à une multiplication de procédures judiciaires, allant de la responsabilité dans l'addiction des mineurs aux plateformes numériques jusqu'aux accords transactionnels massifs, comme celui de 18 milliards de dollars conclu fin août avec 51 États et territoires. Ces décisions successives illustrent une volonté croissante des juridictions locales de réguler les modèles économiques des réseaux sociaux, en ciblant particulièrement le manque de transparence et les risques pour la sécurité des données des citoyens.