Face à une pression judiciaire sans précédent, le géant Meta a conclu un accord avec 48 États américains pour restreindre l'accès de ses plateformes, Facebook et Instagram, aux utilisateurs mineurs. Cette décision, qui fait suite à des révélations sur les effets délétères de ces applications sur la jeunesse, impose des limites strictes de temps et d'horaires, marquant un tournant dans la régulation des réseaux sociaux.
Un encadrement strict de l'activité numérique
Concrètement, les mineurs résidant sur les territoires concernés seront soumis à un plafond de deux heures d'utilisation quotidienne, cumulé sur Facebook et Instagram. L'accès à ces services sera par ailleurs bloqué entre minuit et six heures du matin. En complément, Meta s'engage à suspendre les notifications durant les heures de classe et à renforcer les outils de contrôle parental. Bien que le groupe conteste toute responsabilité juridique dans cet accord, ces mesures visent à répondre aux accusations de conception addictive et de collecte illégale de données sur les moins de 13 ans.
Le défi de l'harmonisation sectorielle
Meta souligne que l'efficacité de ces mesures dépendra de la volonté des autres acteurs du numérique de s'aligner sur ces standards. La firme de Mark Zuckerberg a publiquement appelé ses concurrents, notamment TikTok et YouTube, à adopter des restrictions similaires. L'enjeu est double : il s'agit d'une part de protéger les utilisateurs, mais aussi d'éviter une fuite des audiences vers des plateformes moins contraignantes, ce qui pourrait pénaliser la compétitivité de Meta sur le marché des formats courts.
Une procédure judiciaire qui se poursuit
Si cet accord met fin aux poursuites engagées par 29 États, la situation reste contrastée. La Floride et le Nouveau-Mexique ont choisi de ne pas signer le compromis et maintiennent leurs procédures judiciaires contre l'entreprise. Le déploiement technique des restrictions est attendu dans les prochains mois. À l'échelle internationale, ce dossier fait écho aux débats législatifs en cours, notamment en France, où le gouvernement cherche encore un dispositif constitutionnellement valide pour encadrer l'accès des mineurs aux réseaux sociaux d'ici 2027.