Le procès intenté contre Meta aux États-Unis révèle des pratiques internes troublantes : Adam Mosseri, patron d’Instagram, a admis avoir surévalué l’efficacité d’un outil de protection des mineurs, alors que son taux d’adoption était quasi nul. Une tromperie qui pourrait coûter des milliards au géant des réseaux sociaux.
Un outil de sécurité vanté comme un succès… alors qu’il était ignoré
Lors de son audition devant un tribunal d’Oakland, Adam Mosseri a reconnu avoir mis en avant dans un billet de blog de 2021 l’efficacité de la fonctionnalité « Take a break », conçue pour inciter les adolescents à faire des pauses. Pourtant, les chiffres révélés lors du procès sont accablants : seuls 1 à 2 % des mineurs avaient activé cette option. Une réalité que Meta connaissait, mais que les parents ignoraient, faute d’information transparente.
Des données internes manipulées pour préserver les revenus publicitaires
Un bilan interne de 2023, présenté à l’audience, montre que Meta a délibérément limité la visibilité des outils de protection des mineurs. L’objectif ? Éviter d’impacter le temps passé sur les applications, essentiel pour générer des revenus publicitaires. Résultat : en 2023, moins de 1 % des adolescents utilisaient les outils de supervision parentale, et seulement un tiers connaissaient l’existence de « Take a break ». Une stratégie qualifiée de « mensonge par omission » par les procureurs américains.
Meta face à la justice : des milliards de dollars en jeu
Les quatre États américains à l’origine du procès réclament des pénalités pouvant atteindre 200 milliards de dollars et une refonte structurelle de Facebook et Instagram. Le verdict, attendu fin septembre ou début octobre, sera consultatif, mais la juge Yvonne Gonzalez Rogers aura le dernier mot. Mark Zuckerberg, fondateur de Meta, devrait également témoigner dans les prochaines semaines, renforçant la pression sur le géant des réseaux sociaux.
Des employés internes dénoncent une culture du secret
Les révélations du procès vont au-delà des déclarations de Mosseri. Un ancien analyste de l’équipe « bien-être » d’Instagram, George Volichenko, a révélé que seulement 0,2 % des adolescents suivaient les rappels de pause, qualifiant ce chiffre de « goutte dans l’océan ». Pire, il a affirmé que son équipe existait en partie « pour nous protéger contre de futurs procès ». Une culture du secret qui pourrait aggraver la condamnation de Meta, déjà sous le feu des critiques pour son impact sur la santé mentale des jeunes.