Le géant technologique Meta a conclu un accord financier historique de 16,68 milliards de dollars pour mettre fin à un procès intenté par 29 États américains. Cette procédure visait à sanctionner les mécanismes addictifs de Facebook et Instagram, jugés responsables d'une crise de santé mentale chez les adolescents.
Un compromis financier sous haute pression
La décision de Meta d'ouvrir des négociations intervient dans un contexte judiciaire défavorable, marqué par une condamnation récente au Nouveau-Mexique pour tromperie sur la sécurité des plateformes. Bien que l'entreprise continue de contester toute faute, le montant de la transaction, bien qu'inférieur aux 200 milliards initialement réclamés par les plaignants, souligne la volonté du groupe d'éviter une issue incertaine devant un jury. Une partie significative de cette somme, environ 5,3 milliards de dollars, est conditionnée à l'adoption de mesures similaires par d'autres acteurs majeurs du secteur, tels que TikTok et YouTube.
Nouvelles contraintes pour les comptes mineurs
Au-delà de la dimension financière, l'accord impose des modifications structurelles sur les comptes des utilisateurs de moins de 18 ans. Les garde-fous prévus incluent une limite d'utilisation fixée par défaut à deux heures par jour, un blocage automatique des applications entre minuit et 6 heures, ainsi qu'une suspension des notifications durant les heures de cours. Ces paramètres, modifiables uniquement par les parents, visent à limiter l'exposition prolongée aux algorithmes de recommandation.
Vers une refonte de l'expérience utilisateur
L'accord prévoit également des options pour réduire la pression sociale numérique, notamment la possibilité pour les adolescents de désactiver l'affichage du nombre de « j'aime » et de privilégier un fil d'actualité chronologique plutôt qu'algorithmique. Par ailleurs, Meta s'engage à renforcer ses protocoles de vérification d'âge. Si ces mesures marquent une évolution notable, elles restent soumises à la validation finale de la juge fédérale Yvonne Gonzalez Rogers. Ce dossier ne clôt toutefois pas l'ensemble des contentieux, Meta restant visé par des milliers d'autres plaintes individuelles aux États-Unis concernant l'impact de ses services sur les jeunes utilisateurs.