Un an après les arrestations massives qui ont suivi les manifestations de septembre‑octobre 2025, des mères de jeunes détenus du mouvement GenZ se sont rassemblées devant le Parlement de Rabat pour demander la libération de leurs enfants et alerter sur les conséquences sociales et psychologiques de leur incarcération.
Une mobilisation des mères devant le Parlement
Le samedi 26 septembre, plusieurs dizaines de mères, accompagnées de militants des droits humains, ont défilé jusqu’aux portes du Parlement. Elles ont adressé un appel direct au Roi Mohammed VI, réclamant que les jeunes encore en détention puissent retrouver leurs foyers et reprendre leurs études ou leurs formations professionnelles. La présence de Khadija Ryadi, porte‑parole du Front national de soutien aux familles des victimes de la répression du mouvement GenZ, a renforcé la visibilité du rassemblement.
Conséquences de la détention prolongée sur les jeunes
Les témoignages recueillis montrent que la plupart des détenus étaient encore mineurs au moment de leur arrestation, certains âgés de 15 ans. Leur scolarité a été interrompue brutalement, entraînant un retard académique difficile à rattraper. Au-delà de l’impact éducatif, les familles évoquent des troubles psychologiques chez les jeunes, aggravés par l’incertitude judiciaire et les conditions de détention. Les mères soulignent également le fardeau financier lié aux déplacements fréquents pour rendre visite à leurs enfants en prison et assister aux audiences.
Jugements contrastés : Casablanca vs le reste du pays
En juin, la chambre criminelle de la Cour d’appel de Casablanca a rendu un jugement sur 18 prévenus accusés d’entrave à la circulation lors des manifestations du 28 septembre 2025. Treize d’entre eux ont été libérés après huit mois de prison ferme, tandis que les autres ont reçu des peines avec sursis ou neuf mois de détention. Ce dénouement, perçu comme une forme d’amnistie locale, contraste avec la situation dans d’autres régions où de nombreux jeunes restent incarcérés en attente de décisions définitives.
Appel aux autorités et perspectives de libération
Face à ce déséquilibre, les familles et les organisations de défense des droits humains pressent les plus hautes instances de l’État d’élargir les mesures de libération déjà prises à Casablanca. Elles demandent une révision des dossiers en cours, afin de garantir le respect des droits à la santé, à l’éducation et à la dignité humaine. Le mouvement des mères, soutenu par des acteurs civiques, cherche à transformer la protestation en une pression concrète sur les autorités pour accélérer les procédures judiciaires et mettre fin à la détention préventive prolongée.