Première femme à diriger l’Italie depuis octobre 2022, Giorgia Meloni s’impose comme une figure centrale de la droite radicale européenne, ambitionnant de redéfinir les équilibres politiques du continent.
Une ascension politique marquée par l’extrême droite
Issue des rangs post-fascistes, Giorgia Meloni a progressivement consolidé son influence au sein de la Fratelli d’Italia, parti qu’elle a transformé en force politique majeure. Son élection à la tête du gouvernement italien a marqué un tournant dans l’histoire politique du pays, longtemps dominé par des coalitions centristes ou de gauche. Dès son arrivée au pouvoir, elle a affiché une volonté de rompre avec les dogmes traditionnels de l’Union européenne, prônant une souveraineté nationale renforcée et une ligne dure sur les questions migratoires.
Son positionnement idéologique, souvent qualifié de nationaliste et souverainiste, a trouvé un écho particulier auprès des mouvements conservateurs européens. Meloni a ainsi cherché à fédérer une droite radicale transnationale, en s’appuyant sur des thèmes communs comme la défense des frontières, la critique de l’immigration ou encore le rejet des politiques climatiques perçues comme trop contraignantes.
Une diplomatie ambitieuse entre Trump et l’Europe
Giorgia Meloni a rapidement cultivé des relations étroites avec les acteurs de la droite radicale internationale, notamment aux États-Unis. Son invitation à l’investiture de Donald Trump pour son second mandat en 2024 a symbolisé cette volonté de s’inscrire dans un réseau global de dirigeants partageant des visions similaires. Cette proximité avec l’administration américaine, marquée par des positions protectionnistes et anti-élites, a renforcé son image de pont entre l’Europe et les courants politiques les plus conservateurs outre-Atlantique.
Sur la scène européenne, Meloni a adopté une posture pragmatique, alternant entre critiques envers les institutions bruxelloises et recherche de compromis. Son objectif affiché reste de peser sur les orientations politiques du continent, en s’appuyant sur une alliance avec d’autres partis de droite radicale, comme le Rassemblement National en France ou le Parti populaire espagnol. Cette stratégie pourrait redéfinir les rapports de force au sein de l’UE, notamment dans un contexte de montée des populismes et de défiance envers les élites traditionnelles.