Alors que le Sénégal ambitionne de renforcer son influence internationale, un responsable politique met en lumière un atout méconnu : Médina Baye, cité spirituelle et carrefour diplomatique historique. Cheikh Ibrahima Diallo, coordonnateur départemental des affaires religieuses et culturelles du parti KIIRAAY à Kaolack, souligne l’héritage exceptionnel de cette ville, liée à des figures majeures comme Kwame Nkrumah, Gamal Abdel Nasser ou Yakubu Gowon. Pourtant, selon lui, les autorités sénégalaises négligent ce patrimoine immatériel, capable de servir de levier géopolitique et économique.
Un réseau spirituel devenu réseau d’influence mondiale
Cheikh Ibrahim Niass, fondateur de la Fayda Tijaniyya, a tissé des liens étroits avec les pères des indépendances africaines et des dirigeants du monde arabe et asiatique. Ces relations, à la fois spirituelles et diplomatiques, ont souvent joué un rôle discret mais décisif dans des moments de tension géopolitique. Aujourd’hui, la Fayda compte des dizaines de millions de disciples répartis en Afrique de l’Ouest, en Afrique du Nord, aux États-Unis et en Asie, formant un réseau sous-exploité par la diplomatie sénégalaise.
Médina Baye, un soft power sénégalais ignoré
Pour Cheikh Ibrahima Diallo, Médina Baye n’est pas seulement un lieu de pèlerinage : c’est un carrefour d’influence capable d’ouvrir des portes économiques, culturelles et diplomatiques. Il critique l’absence de vision stratégique des autorités successives, estimant que « si les chefs d’État sénégalais étaient conscients de la portée réelle de Médina Baye, ils s’y bousculeraient pour en tirer les bénéfices ». Pourtant, dans un contexte où le Sénégal cherche à diversifier ses alliances et à affirmer son rayonnement, cet héritage pourrait devenir un atout majeur.
Un appel à repenser la diplomatie sénégalaise
Le responsable politique invite les dirigeants actuels et futurs à s’appuyer sur cet héritage pour en faire un moteur du développement et de la diplomatie du pays. Il suggère que Médina Baye pourrait servir de plateforme pour des initiatives panafricaines ou des médiations internationales, tout en renforçant l’image du Sénégal comme acteur clé sur la scène mondiale. Une réflexion qui dépasse le cadre religieux pour toucher à la géopolitique et à l’économie.