Le directeur de la rédaction de la RFM, Babacar Fall, a abandonné la plainte qu'il avait déposée pour injures et menaces de mort, après une médiation impliquant la Dahiratoul Moustarchidina Wal Moustarchidaty (DMWM) et les familles concernées. Le procureur Saliou Dicko a alors ordonné la libération des personnes placées en garde à vue, mettant fin à une enquête qui avait mobilisé 53 suspects.
Retrait de la plainte suite à une médiation interconfessionnelle
Le désistement de Babacar Fall intervient après plusieurs jours de négociations menées par la DMWM, organisation religieuse influente, qui a réuni les familles des personnes mises en cause dans l’affaire. Cette médiation a permis d’apaiser les tensions nées suite à l’émission « RFM Matin » du 27 août 2026, où le journaliste avait reçu Serigne Abou Sy, présenté comme le fils du chef religieux Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy Al Maktoum. Les propos tenus lors de l’émission, relatant des dissensions internes à la famille Sy, avaient déclenché une vague d’insultes et de menaces de mort à l’encontre du journaliste, le poussant à saisir la gendarmerie.
Ordre de libération des gardés à vue par le parquet de Pikine‑Guédiawaye
Après le retrait de la plainte, le procureur du tribunal de Pikine‑Guédiawaye, Saliou Dicko, a donné instruction à la gendarmerie de Keur Massar de libérer les personnes placées en garde à vue dans le cadre de l’enquête. Au total, 53 individus avaient été recherchés par les enquêteurs, qui opéraient sous l’autorité du parquet. La décision du procureur met fin à une phase d’incarcération qui était perçue comme une mesure de pression dans un contexte déjà tendu.
Implications pour la liberté d’expression et la gestion des conflits au Sénégal
Cette affaire illustre la sensibilité des débats publics autour des figures religieuses au Sénégal et le rôle que peuvent jouer les médiations interconfessionnelles pour désamorcer des crises médiatiques. Le retrait de la plainte et la libération des gardés à vue sont perçus comme un signal fort en faveur du dialogue plutôt que de la répression judiciaire. Toutefois, les journalistes restent vigilants quant à la protection de leurs sources et à la prévention de nouvelles menaces, rappelant la nécessité d’un cadre juridique clair pour garantir la liberté de la presse tout en respectant les sensibilités religieuses.