Avocate au barreau et figure de l'engagement citoyen, Me Fatou Babou déploie une stratégie de réforme visant à assainir le système d'état civil sénégalais. À travers la création de l'Organisation nationale pour la promotion de l'état civil (ONPEC), elle ambitionne de transformer les blocages administratifs rencontrés par les citoyens en leviers de modernisation institutionnelle.
De la pratique du droit à l'action publique
Forte d'une formation en administration et action publique à Sciences Po Bordeaux, Me Fatou Babou a bâti son expertise sur une double culture juridique. Son cabinet, fondé en 2017, traite quotidiennement des dossiers complexes liés au droit des étrangers et à la nationalité. C'est au contact de ces dossiers, marqués par des irrégularités récurrentes dans les actes d'état civil, qu'elle a identifié une faille structurelle majeure. Pour l'avocate, ces documents administratifs ne sont pas de simples formalités, mais les garants de l'accès aux droits fondamentaux pour des milliers de citoyens.
L'ONPEC : un levier de réforme structurelle
En 2025, Me Fatou Babou a franchi une étape supplémentaire en fondant l'Organisation nationale pour la promotion de l'état civil (ONPEC). Cette structure se donne pour mission d'identifier les dysfonctionnements à la source et de favoriser un dialogue constructif entre les institutions. L'objectif est de passer d'une gestion curative des problèmes administratifs à une approche préventive, en misant notamment sur l'intégration des nouvelles technologies et de l'intelligence artificielle pour sécuriser les données et accélérer la transformation des services publics.
La transmission et l'accessibilité du droit
Au-delà de son activité de conseil et de plaidoyer, Me Fatou Babou investit le champ de la production intellectuelle. Auteure d'ouvrages juridiques, elle cherche à rendre le droit plus intelligible pour le grand public, tout en documentant les obstacles rencontrés par les usagers dans leurs démarches, notamment auprès des autorités consulaires. Cette démarche d'écriture s'inscrit dans une volonté plus large de nourrir la réflexion sur les politiques publiques, en s'appuyant sur une expérience de terrain qui lie étroitement les réalités sénégalaises aux dynamiques internationales.
Un parcours marqué par la persévérance
Le cheminement de cette avocate de 39 ans, mère de quatre enfants, témoigne d'une volonté de concilier ambitions professionnelles et responsabilités familiales. Dans un environnement professionnel exigeant, elle revendique une approche fondée sur l'autonomie et la création d'opportunités. Son engagement actuel, qui dépasse le cadre strict des tribunaux, illustre une volonté de transformer un héritage familial tourné vers le droit en une action citoyenne concrète, visant à renforcer l'efficacité administrative au service de la collectivité.