Mbuji-Mayi : des adolescentes du Kasaï-Oriental appellent à mettre fin aux mariages précoces lors de la Journée internationale de la jeune fille

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 18 lectures
Mbuji-Mayi : des adolescentes du Kasaï-Oriental appellent à mettre fin aux mariages précoces lors de la Journée internationale de la jeune fille

Le 11 octobre, à l’occasion de la Journée internationale de la jeune fille, des adolescentes de Mbuji‑Mayi ont profité de la tribune offerte par le Conseil urbain de la jeunesse pour dénoncer les mariages précoces qui persistent dans le Kasaï‑Oriental et réclamer des mesures concrètes pour garantir leur droit à l’éducation et à la liberté de choix.

Un appel porté par le Conseil urbain de la jeunesse

Rebecca Kalubi Kaseya, présidente du Conseil urbain de la jeunesse de Mbuji‑Mayi, a ouvert la manifestation en rappelant le thème officiel de la journée – « Fin du mariage d’enfants, investissement dans les droits des filles ». Elle a souligné que la reconnaissance des droits des adolescentes constitue le socle d’une société plus équitable et a invité chaque jeune fille à « briser les barrières » qui la retiennent dans un mariage précoce.

Le constat persistant des mariages précoces

Malgré plusieurs campagnes de sensibilisation menées par des ONG et les autorités locales, le Conseil urbain de la jeunesse signale que les unions précoces continuent d’être observées dans plusieurs communautés du Kasaï‑Oriental. Aucun chiffre officiel n’est fourni, mais les témoignages recueillis sur le terrain indiquent que la pratique reste un frein majeur à la poursuite des études et à l’autonomie économique des jeunes filles.

Les adolescentes présentes ont rappelé que chaque mariage précoce compromet non seulement le parcours scolaire, mais expose également les filles à des risques sanitaires et à une précarité accrue. Le phénomène, selon elles, s’inscrit dans un cadre socioculturel qui nécessite une réponse à la fois législative et communautaire.

Vers des actions concrètes et l’émancipation des filles

Bénédicte Ntendeshi, une jeune fille de Mbuji‑Mayi, a insisté sur la solidarité entre adolescentes comme levier d’émancipation. « Réussir, c’est ouvrir la porte à celles qui viennent derrière », a‑t‑elle déclaré, appelant à un soutien mutuel pour que chaque fille puisse accéder à l’éducation et construire son avenir en toute liberté.

Les participantes ont exprimé l’espoir que la visibilité offerte par la Journée internationale de la jeune fille incitera les autorités locales, les organisations de la société civile et les partenaires internationaux à financer des programmes de prévention, à renforcer les mécanismes de protection juridique et à promouvoir l’accès gratuit à l’école pour les adolescentes.

En conclusion, les jeunes filles du Kasaï‑Oriental ont transformé la célébration symbolique en une revendication concrète : que les engagements affichés se traduisent rapidement en actions tangibles, afin que chaque fille du territoire puisse choisir son destin sans contrainte matrimoniale précoce.

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