Mbour : 20 ans de réclusion requis contre un maître coranique pour le viol d'une mineure

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 28 lectures
Mbour : 20 ans de réclusion requis contre un maître coranique pour le viol d'une mineure

Le procès d'I. Ndiaye, maître coranique jugé devant la chambre criminelle du tribunal de grande instance de Mbour, souligne les enjeux critiques de la protection des mineurs au sein des structures d'enseignement traditionnel. Accusé de viol, de pédophilie et de détournement de mineure sur une élève de 15 ans, l'homme fait face à un réquisitoire sévère de 20 ans de réclusion criminelle.

Une trahison de la mission éducative

Les faits, survenus en 2023, révèlent un abus de confiance manifeste. La victime, confiée par ses parents à l'accusé pour son instruction religieuse, a été soumise à des agressions sexuelles répétées dans la chambre du maître coranique. Le procureur a fermement dénoncé le détournement de la mission spirituelle et éducative, qualifiant les actes de l'accusé de trahison grave, transformant une élève en « objet sexuel ».

La preuve par l'ADN et le déni de l'accusé

L'affaire a pris une tournure judiciaire décisive après la découverte de la grossesse de la jeune fille. Malgré les accusations, I. Ndiaye a initialement nié toute responsabilité, refusant de reconnaître la paternité de l'enfant. Ce n'est qu'après la réalisation d'un test ADN, imposé par la procédure, que l'accusé a fini par admettre les faits. Ce revirement a été vécu comme une épreuve supplémentaire par la famille de la victime, qui a souligné le traumatisme causé par cet acte sur le parcours et l'avenir de l'adolescente.

Un débat sur la sécurité des structures d'apprentissage

Au-delà du cas individuel, le ministère public a insisté sur l'impact sociétal de tels crimes. Le procureur a souligné que ces agissements alimentent une méfiance croissante envers les écoles coraniques et les institutions éducatives en général. Ce constat interpelle directement les autorités, les leaders religieux et les sociologues sur la nécessité de renforcer les mécanismes de contrôle et de protection au sein des lieux d'apprentissage.

L'attente du verdict en octobre 2026

La défense, représentée par Me Djiby Seydi, a plaidé pour la clémence, invoquant notamment l'existence de l'enfant né de cette union forcée pour demander une peine réduite. Le tribunal de Mbour rendra son délibéré le 16 octobre 2026. Cette décision est particulièrement scrutée par les associations de protection de l'enfance, qui y voient un signal fort à envoyer contre l'impunité dans les cas d'abus sur mineurs.

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