Le 101e département français est devenu, au fil des mois, le terrain d'expérimentation privilégié des prétendants à l'Élysée pour tester leurs propositions sur l'immigration. Entre visites officielles et déplacements de campagne, Mayotte cristallise les débats sur le droit du sol, l'asile et le regroupement familial, dans un contexte où les enjeux sécuritaires et migratoires dominent l'agenda politique national.
Une séquence politique sous haute tension
Le Premier ministre Sébastien Lecornu entame, ce mercredi 26 août, une visite de deux jours sur l'archipel. Si l'objectif officiel est de superviser la reconstruction après le passage de l'ouragan Chido, la question migratoire reste au cœur de son programme. Dès son arrivée, le chef du gouvernement a marqué sa volonté d'aborder la lutte contre l'immigration clandestine en se rendant au poste de commandement de l'action de l'État en mer, soulignant l'importance stratégique du territoire dans la politique sécuritaire de l'exécutif.
Le laboratoire des propositions radicales
Mayotte sert désormais de banc d'essai pour des mesures d'exception que certains candidats souhaitent porter à l'échelle nationale. Édouard Philippe, patron du parti Horizons, a choisi l'archipel pour son premier déplacement de campagne, y exposant des propositions fermes : la suspension de l'enregistrement des demandes d'asile, la remise en cause du droit du sol et la limitation du regroupement familial. De son côté, Bruno Retailleau avait, dès mars dernier, placé le territoire au centre de sa stratégie, appelant à une révision constitutionnelle pour reprendre le contrôle des flux migratoires.
L'influence électorale du Rassemblement National
Cet intérêt marqué pour le 101e département s'explique également par une réalité électorale locale où le Rassemblement National occupe une place prépondérante. Perçu par certains observateurs comme le « Ceuta français », Mayotte a largement plébiscité Marine Le Pen lors du second tour de la présidentielle de 2022, avec près de 60 % des suffrages exprimés. Cette dynamique électorale pousse les autres forces politiques à investir le terrain pour tenter de répondre aux préoccupations des habitants et contrer l'influence du parti d'extrême droite sur ces thématiques.